lundi 20 octobre 2008

tajine en romertopf au poulet, navets et carottes en couleurs


Lorsque mon amoureux et moi on a emménagé ensemble, l'inventaire de la cuisine fut fastidieux : faire un choix parmi les vieilles assiettes Ikea, c'était facile, on a d'ailleurs fini par toutes les changer. Jeter les verres en trop, c'était futile, vu comme on est brutaux quand on fait la vaisselle, on n'en a plus un qui a vécu le déménagement. Echanger mes vieux couteaux pourris contre les siens qui coupent, c'était utile.

Par contre, c'est ce que je nommerai le "haut du placard" qui a été plus difficile à trier. Deux caquelons à fondue, tout le monde est d'accord, ça ne sert à rien. Si vraiment vous voulez faire de la fondue pour douze, il y en a bien un des dix autres qui pourra amener le sien. En plus, la fondue, c'est mieux au bistrot, surtout dans un trois pièces. Mais lequel garder ? Le vieux de ses grand-parents avec son réchaud en fer forgé, ou le plus récent prune et inox, offert par une ex-belle famille ? Décision sans heurts, entre un souvenir de ses grands-parents chéris et celui d'une ex-belle-mère envahissante... Vite vu.
Et les quatorze vases, ils sont vraiment tous différents ? Celui pour les tournesols, il irait vraiment pas pour des lys ? On les garde tous ?

Et comment on va cuisiner à la vapeur ? Avec mon machin à paniers en plastiques ? Avec le panier du ricecooker ? Avec celui en osier acheté au thaï du quartier ? Avec la marmite à vapeur qui pèse 3 tonnes ? Cette fois, on a gardé le moderne et le léger, et la marmite à vapeur attend son heure dans un carton à la cave.
Et les woks ? C'est bien deux woks, non ? On ne sait jamais, si on fait un curry pour vingt... ?

Pour ne rien arranger, depuis, on a récupéré la vieille centrifugeuse de mon enfance que papa allait jeter, acheté une machine à café rétro parce que quand même c'est meilleur qu'en cafetière sur la plaque, développé ma collection de casseroles avec deux splendides Hotpan écologiques, investi dans un second ricecooker plus petit parce que c'était quand même bête d'avoir besoin de quatre invités pour que ça vaille le coup de faire du riz, trouvé un plat à gratin super rustique dans une brocante... La cuisine n'est pas plus grande mais elle se réaménage, au jour le jour, selon nos différentes lubies et trouvailles.

Mais pourquoi est-ce que je vous raconte tout ça ?

Pour vous parler d'une des survivantes de ces grands tris, dont l'avenir n'était pas assuré à la base : la romertopf. Elle est arrivée dans ses cartons à lui, je l'ai observée en chien de faïence pendant une bonne année. Avant de me décider, enfin, à le questionner un peu, et à surfer aussi un peu sur les sites de cuisine pour oser approcher la chose.

Je me disais bien que ce serait sûrement bon mais quand même... déjà le poids. Ensuite le look. Enfin l'histoire du trempage. Tout ça ne me paraissait pas très nouvelle cuisine et innovations gustatives. Et bien j'avais tort. La romertopf, c'est top ! Vous jetez n'importe quoi dedans, et à condition d'avoir devant vous le temps de cuisson nécessaire, ça sera merveilleux. Et c'est le genre d'accessoire qui permet de boire l'apéro tranquille au salon, sans s'inquiéter une minute de l'heure de passer à table. Le coup de feu ? Vous parlez de quoi, là ?

On peut y faire plein de viandes et de poissons, pour ma part je me suis cantonnée plutôt au poulet rôti et ses variantes jusque là, et à l'agneau préalablement sauté dans un wok (ou dans l'autre). Mais l'amoureux y a fait cuire il y a quelque temps deux dorades parfaites.

La faire bien tremper, surtout, au moins une demi-heure, couvercle et base. N'ajouter quasi aucun liquide, sinon, soupe assurée. Ni de graisse d'ailleurs, celle de la viande suffira. Et ne la lavez jamais au savon, frottez juste à l'eau.

Rêvant l'autre jour de topinambours, je me suis ruée sur la recette d'Anaïk, une tajine de poulet aux légumes retrouvés. Or, ai-je appris à mes dépens fin septembre, ce n'est pas du tout la saison du topinambour, il arrivera plus tard.

J'ai donc adapté la recette au marché du jour, qui proposait, à côté des carottes oranges que l'on connaît, une très jolie botte de carottes rouges - non, pas des betteraves, des carottes nouvelles de couleur rouge. Elles étaient si jolies que j'ai tout de suite décidé de les cuire entières.

Tajine de poulet au romertopf, pour quatre personnes :

- 1 beau poulet, coupé en morceaux par votre boucher, façon "chasseur"
- 2 navets
- 4 pommes de terre
- 4 belles carottes
- 1 botte, soit environ 12, carottes nouvelles, rouges c'est plus joli
- 1 tête d'ail nouveau
- 1 demi-bouquet de persil
- 1 bouquet de coriandre
- 3 doses de safran en poudre
- 3 centimètres de gingembre frais, à râper
- du sel et du poivre

Faites tremper votre romertopf pendant une demi-heure. Pelez vos navets, vos carottes, vos pommes de terre. Coupez-les en morceaux grossiers, sauf les carottes nouvelles. Jetez-les au fond de votre romertopf essuyée, et parsemez de persil haché. Ajoutez les différentes épices, du sel, du poivre. La cuisson se chargera de mêler les saveurs. Répartissez un peu partout les gousses de la tête d'ail nouveau, juste épluchées de leur première couche.

Recouvrez les légumes de vos morceaux de poulet. Fermez la romertopf, et glissez-la dans le four froid pour deux heures à deux heures et demie. La peau du poulet doit être bien dorée. Servez avec la coriandre fraiche hachée.

J'ai accompagné cette recette d'un mélange de riz basmati et de riz rouge sauvage, cuit dans le ricecooker qui occupe le rebord de la fenêtre...

7 commentaires:

Rosa's Yummy Yums a dit…

Appétissant! Une bonne idée!

Bises,

Rosa

Le confit c'est pas gras a dit…

Pfiouuu, tu me tentes, pour la romertopf ! Tout le monde m'en parle pour me dire que c'est génial. Et en effet parfait pour le tajine. Merci pour le clin d'oeil en tout cas :-)

lory a dit…

un bon plat pour l'automne!

~marion~ a dit…

Jamais utilisé de Römertopf moi et pourtant c'est le genre de cuisson qui me convient tout à fait: sans graisse, avec plein de légumes et de condiments, pendant des heures et sans se soucier de quoi que ce soit... C'est décidé, je ne repartirai pas d'Allemagne sans ma Römertopf!

Merci pour cette superbe recette & tes 4 commentaires... j'ai fais le tri d'ailleurs en espérant que cela ne te dérangerait pas ;)

les chéchés a dit…

emménager à deux, les mêmes questions se sont posées... on garde ton grille pain ou le mien? ta bouilloire?...
le romertopf ne sont que des souvenirs d'enfance (l'alsace!) ou ma maman y faisait du poulet (bien meilleur dedans que le poulet roti) alors pour un tagine, j'imagine les saveurs que cela doit dégager... l'idée me plait beaucoup, même sans poulet (...)

Gracianne a dit…

J'ai adore ton histoire de casseroles. J'ai herite de la cuisine des precedents proprietaires quand nous avons achete la maison - et je n'ai rien ose jeter, ou presque. Alors les trucs en double, je connais. Et dans tout ca, il y avait un romertopf. Excellente idee d'y faire cuire les tajines.

freddy lorraine a dit…

super, ton plat! ça doit être l'équivalent de la baekoffe, non?