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vendredi 16 octobre 2009

en corée...


En Corée, on possède le plus souvent deux frigos ; le normal, qui doit contenir les produits de base mais aussi tous les plats préparés d'avance pour les repas de la semaine. Et le spécial kimchi, qui contient le stock de ce plat de chou fermenté et très pimenté sans lequel un repas ne pourrait être réussi.

En Corée, même si le riz est officiellement la base du repas, on dispose sur la table des quantités de petites assiettes contenant toutes des plats différents, les panch'an. Légumes, poissons, tofu, haricots, et kimchis variés.

En Corée, on fait le barbecue à même la table ; dans les endroits populaires, un trou au centre de celle-ci contient un seau métallique empli de charbon recouvert d'une grille. A la maison, le barbecue est une sorte de pyramide de métal ou de teflon, alimentée à la bonbonne de gaz.

Le goût du bulgogi me ramène automatiquement à ces vacances d'il y a trois ans. Je le mange le plus souvent chez les amis qui nous accompagnaient lors de ce voyage (qui suivait de peu leur mariage dans ce pays qui est le sien, à elle). J'ai découvert avec eux une cuisine d'une variété de goûts incroyables, dont j'ignorais totalement la créativité. Je regrette la rareté des restaurants coréens en Europe, et des endroits où trouver tous les ingrédients spécifiques de cette cuisine. Mais lors d'un récent passage à Paris, j'ai dévalisé Tang frères, puis une épicerie coréenne, pour retrouver ces goûts si particuliers.

Voici donc un bulgogi pour deux, avec un nombre scandaleusement faible de panch'an - la table ordinaire en comporte trois à cinq, et il en faut douze pour une table royale. Cette réalisation relativement rapide de femme qui travaille serait probablement très mal vue par une vraie cuisinière coréenne, qui passe des heures à préparer les repas familiaux et n'utiliserait en aucun cas un mélange tout prêt d'épices...

Accompagnement 1 : Le namul de côtes de bettes

- 500g de côtes de bettes
- 1 cc d'huile de sésame
- 1 cc de sauce de soja
- 1 cc de bouillon de boeuf
- 1 cc de graines de sésame
- 1/2 cc de sel

Laver soigneusement les côtes de bettes et les faire blanchir 8-10 minutes. Les égoutter, puis les essorer à la main. Assaisonner avec tous les autres ingrédients, bien mélanger (avec les mains, précise mon livre de cuisine coréenne). Ce plat se prépare avec des épinards, mais je l'ai adapté aux côtes de bettes, ça convient très bien aussi.

Accompagnement 2 : Les champignons

- une botte d'enokitake, ces petits champignons blancs qui poussent en bouquets et que l'on trouve dans les épiceries asiatiques ; à défaut, des champignons de Paris, qui ont le goût le plus proche, la noisette en moins.
- de la sauce soja
- de l'huile de sésame

Faire revenir dans une poêle. Assaisonner avec de la sauce soja, une tombée d'huile de sésame.

Plat : Le bulgogi "tout prêt"

- un sachet de mélange bulgogi trouvé chez Tang frères
- de fines tranches de filet de boeuf, type charbonnade

Suivre les instructions sur le paquet. Laisser mariner. Cuire à la poêle - ou au wok - à défaut de barbecue de table.

Prévoir aussi :

- du riz, plutôt jasmin que carolina, évidemment
- du kimchi (se trouve tout prêt dans les épiceries coréennes ; si un jour je me lance dans sa fastidieuse préparation, je vous promets une recette sur ce blog)
- des feuilles d'algues séchées : les coréennes sont rôties préalablement, et assaisonnées (sel+sésame). Si vous ne trouvez que des feuilles d'algues standard, pour faire des sushis, vous pouvez les griller rapidement à même la plaque électrique, d'un côté puis de l'autre, avant de les couper en petits carrés.




- des feuilles de salade
- des feuilles de sésame (très difficile à trouver hors des épiceries coréennes ; il est possible de s'arranger avec de la menthe, du basilic thaï notamment - mais le goût sera évidemment différent)





Tous les plats sont disposés sur la table : kimchi, légumes, champignons, feuilles de salade et aromatiques, boeuf chaud. En Corée, à l'exception du riz dont chacun reçoit un bol, on se sert à même les plats avec les baguettes et on mange sans assiette.

Comme il s'agit de faire des rouleaux et que nous n'avons pas la même dextérité, j'en ai quand même prévues.



Dans une feuille de salade, disposer une feuille de sésame, un morceau de boeuf, un peu de kimchi. Rouler, et déguster.




Les coréens ne boivent en général pas de vin. Ils mangent avec du thé, de la bière, ou du soju - un alcool à base de riz et pommes de terre, qui rappelle un peu la vodka, en plus léger (20%).

lundi 21 septembre 2009

salade d'entre-saison aux figues tout simplement poêlées

Il faut bien accepter, peu à peu, de remettre des leggings et de cacher ses orteils. La résistance se limite le plus souvent à une largeur de cheville à l'air libre, aux pieds quand même nus - mais dans des escarpins ou des ballerines fermés. Il faut trouver les petites vestes légères, les écharpes en coton épais ou en laine fine, qui permettront de faire durer un peu les robes d'été.

Comme certaines, on s'enfuirait bien au sud quelques jours pour mettre les pieds dans l'eau ; dans le lac, cela ressemble déjà à une épreuve esquimau. On se demande si il est encore temps de trouver des tomates pour enfermer l'été, comme d'autres.

Dans le frigo, les courgettes sont remplacées par le céleri-branche dont on ne sait pas trop que faire, par un potimarron qu'on aime, mais qu'on aurait pu attendre un peu.

On se console comme l'an dernier avec l'arrivée de ces fruits du soleil, qui sont justement de saison, certes pas toujours cultivés chez nous. On les consomme tout de même allègrement, pour illuminer la rentrée.

Salade d'entre-saison, aux figues poêlées, entrée pour quatre :

- salade mélangée de jeunes pousses
- six figues fraîches et mûres
- quatre petites tomates, allongées par exemple, mais surtout goûteuses
- deux boules de mozzarella di buffala
- huile d'olive, vinaigre balsamique, fleur de sel, poivre du moulin

Disposez la salade sur les assiettes. Chauffez une tombée d'huile d'olive dans la poêle. Déposez-y les figues coupées en deux, d'abord du côté de la peau, laissez cuire 3 minutes à feu moyen.

Coupez les tomates en rondelles. Coupez la mozzarella en deux, puis en rondelles. Déposez une tomate et une demi boule de mozzarella dans chaque assiette.

Retournez les figues, laissez les cuire, à feu plus doux, deux minutes du côté de la chair. Assaisonnez la salade avec huile d'olive, balsamique. Déposez-y délicatement les figues chaudes. Salez, poivrez, passez à table immédiatement.

lundi 31 août 2009

le poulet rôti en romertopf en trois déclinaisons

Après trois semaines à l'autre bout du monde, j'étais un peu lassée du poulet. Le ayam à toutes les sauces nous convainquait bien moins que les merveilleux poissons, calamars, crabes et crevettes dégustées en bord de mer. Seules les brochettes satay sont restées dans nos assiettes jusqu'à la fin du séjour. En rentrant, je pensais me régaler surtout de pâtes, de légumes ; et puis de salades, ayant évité les crudités lavées trop souvent dans une eau incertaine.

Mais l'autre jour, les paysans des paniers avaient emmené avec eux quelques individus d'espèce volaillère. Dodus et bien nourris, ils n'avaient pas grand-chose à voir avec les animaux rencontrés là-bas, en Asie. 
Une cuisse de poulet vaudois, le poids de trois des leurs... Pas de conclusions hâtives sur un éventuel rapport comparable entre les individus de l'espèce humaine et féminine, je vous remercie... 

Alors voilà, j'ai acheté mon premier ayam suisse de l'été. Comme le barbecue sur mon balcon, ça ne le fait pas, j'ai opté pour un mode de cuisson bien européen : le romertopf. Et comme le poulet était vraiment dodu pour trois mangeurs, il y a une déclinaison proposée pour le lendemain (ou le jour d'après, histoire de ne pas se lasser). Et comme il y a toujours une bonne raison d'avoir du bouillon de qualité au frigo, il y a une déclinaison pour une prochaine recette.



1. Le poulet rôti :
- un beau poulet
- un citron bio
- 6-8 gousses d'ail
- 6 pommes de terre
- un roudoudou (= gros oignon)
- du sel, du poivre, des épices

Avant toute chose, faites tremper le romertopf à l'eau froide pendant une demi-heure. Ne préchauffez pas le four. Epluchez vos pommes de terre, lisez un journal, relevez vos mails.

Coupez le roudoudou en tranches. Coupez les pommes de terre en deux. Tapissez le fonds du romertopf d'oignon, puis de pommes de terre, et parsemez de quelques gousses d'ail avec leur peau. Pas d'huile, ni d'autre graisse. Le romertopf n'en a jamais besoin. Pas d'eau, non plus. Le romertopf en a bu assez en faisant trempette.

Farcissez le poulet avec deux gousses d'ail épluchées, et le citron coupé en tranches. Posez-le sur les légumes. Assaisonnez (j'ai utilisé un mélange d'épices pour volaille qui contient divers piments, de la tomate séchée et du cumin). Glissez au four froid, à 180 degrés, pour deux heures à deux heures et demie. Mangez, accompagné d'une salade. 




2. La salade de poulet citronnée :
- le reste du poulet
- le reste des pommes de terre
- une ou deux gousses d'ail restantes, fondues
- un jus de citron
- huile d'olive
- 1 cs de mayonnaise
- 1 cs de moutarde à l'ancienne (avec les grains)
- sel et poivre
- quelques poignées de rucola


Enlevez (avec les doigts, c'est le plus simple) tous les morceaux de blanc du poulet restant. Effilez les en longueur. Laissez de côté les os et la peau. Coupez grossièrement les pommes de terre. Pressez l'ail. Assaisonnez avec les autres ingrédients. Mélangez. 
Hachez grossièrement la rucola, servez un lit de salade avec votre salade de poulet. Mélangez avant de déguster, c'est meilleur.



3. Le bouillon de volaille :
- la carcasse du poulet, la peau, le fonds d'oignon, les zestes du citron
- 2 feuilles de laurier
- du sel
- une dizaine de grains de poivre


Lancez le tout dans une grande casserole. Recouvrez d'eau. Portez à ébullition puis laissez cuire à feu doux pendant deux heures au moins. Trois-quatre heures, c'est mieux. Passez dans une passoire assez fine. Conservez le bouillon au congélateur, pour une autre recette, un autre jour.

dimanche 3 mai 2009

la fin colorée des betteraves de bannière et leurs foies framboisés

Parce que cette jolie bouteille de vinaigre aromatisé aux framboises, offerte par une ancienne collègue de bureau revue il y a peu dans un café que j'aime beaucoup, m'avait incitée à acheter un petit paquet de foies de volaille surgelés au supermarché.

Et parce qu'il a bien fallu les manger, ces betteraves de bannière.

Achetées pour leur photogénie, parce qu'elles étaient jolies et différentes les unes des autres, elles ont tout de même fini au fonds du frigo en attendant leur jour.

Et leur jour est venu un soir où j'avais enfin pensé à décongeler les foies.
Il les a vu épouser dans l'assiette quelques carottes pour une salade à l'orientale, super fraîche, et un peu acide pour trancher avec la rondeur douceâtre des abats. Les feuilles d'un coeur de pommée étaient invitées à la noce, pour diversifier les couleurs et textures.


Pour la salade :
- 3 petites betteraves (celle-là étaient à coeur blanc, ce qui ne se voit plus une fois râpées, ma foi)
- 4 carottes
- 1 jus de citron
- huile d'olive
- 2 cs de kamoun (cumin marocain)
- 1 petit bouquet de coriandre fraîche
- sel, poivre

Râpez les légumes-racines avec la râpe qu'on nomme ici "bircher", à gros trous. Assaisonnez à l'huile d'olive, citron, cumin, salez et poivrez. Mélangez bien. Laissez macérer le temps de préparer le reste, idéalement au moins une demi-heure, que les saveurs imprègnent bien la masse de légumes. Parsemez de coriandre fraîche, vous re-mélangerez avant de servir.

Pour les foies de volaille au vinaigre de framboise :
- 2 oignons
- 250g de foies de volaille
- 1 jet de vinaigre de vin aux framboises
- huile de tournesol
- sel, poivre

Taillez les oignons en fines lamelles. Faites les revenir à feu tout doux, et assez longtemps, dans un peu d'huile. Lorsqu'ils sont bien transparents et fondants, repoussez-les sur les côtés de la poêle.

Montez le feu, et jetez les foies de volaille au centre de la poêle. Faites-les cuire d'un côté, puis de l'autre, puis de partout. Attention à remuez régulièrement pour ne pas qu'ils attachent.

Lorsque les foies sont cuits, poussez-les de côté à leur tour, et déglacez avec un jet de vinaigre framboisé. Mélangez le tout.


Servez et dégustez chaud, avec la salade, et quelques feuilles vertes en décoration, assaisonnées d'un filet de vinaigre aux framboises et d'un autre d'huile de tournesol.

mercredi 8 avril 2009

patates paysannes mais printanières

Une toute petite recette qui n'était pas vraiment amenée à en devenir une. Mais une fois l'assiette dressée, elle était jolie, et goûteuse, alors je la partage avec vous.

Pour deux crudivores qui aiment les patates et le lard frais :

- 150g de dents-de-lion
- 2 belles et épaisses tranches de lard frais
- quelques patates (genre 6 ou 7, enfin ça dépend de la taille, pour deux quoi)
- 2 oignons
- sauce à salade : huile (colza ou tournesol), vinaigre clair (pommes, cidre ou éventuellement vin), levure de bière, sel et poivre

Coupez les oignons en longues lamelles. Faites les revenir dans un peu d'huile, jusqu'à ce qu'ils soient fondants. Coupez le lard en dés, et ajoutez le aux oignons. Faites le cuire, un peu. Epluchez vos pommes de terre et coupez les en morceaux grossiers. Jetez-les dans la casserole avec le reste, ajoutez un fonds d'eau, et laissez cuire à feu moyen pendant vingt à trente minutes, enfin jusqu'à ce que les pommes de terre soient bien cuites. Salez si nécessaire.

Lavez la dent-de-lion (oui c'est un peu long). Hachez-la, par poignées, avec un petit couteau, en tronçons d'un centimètre environ (oui c'est un peu long aussi, mais c'est une étape essentielle pour ne pas avoir l'impression de se transformer en ruminant en la dégustant). Préparez une sauce à salade : huile de colza (pressée à froid), vinaigre de pommes ou de cidre, une cuillère à soupe de levure de bière, sel et poivre selon goût. La levure de bière dans la salade est excellente et elle permet de lier la sauce, un peu comme la moutarde. J'en mets très souvent dans les salades vertes.

Disposez votre salade tout autour de l'assiette et servez au centre une portion des pommes de terre au lard. C'est tout. Simple, paysan, printanier, revigorant.

mardi 17 février 2009

tarte salée au chou blanc, en fait c'est plutôt bon


L'hiver se prolonge. Sérieusement. Ce matin, pour la quinzième fois de la saison, j'ai ouvert la fenêtre pour découvrir un grand manteau blanc sur la ville. J'ai glissé délicatement en bas de ma rue et remercié le ciel d'arriver en même temps que mon bus - il faut dire, il n'en vient que toutes les quinze minutes, donc la plupart du temps je fais le trajet à pied. 

J'avoue en avoir un peu marre des collants en laine, de mon manteau violet, de mon écharpe et mon bonnet. Mais surtout, de tourner avec deux paires de bottes plates, et une paires de baskets montantes. Je rêve de bas à 30 deniers, de jolis talons, et de ressortir une veste légère. Surtout ce soir, en descendant mon chemin trop raide et pas déneigé avec deux cabas plein des légumes du panier.




Déjà, avec deux cabas (parce que les copains ont la bonne idée d'être en tournée et de bosser le soir alors il faut bien prendre le leur et le leur garder au frais), c'est impossible de changer de main pour soulager mon petit bras. Et avec de la papotche partout (oui, c'est comme ça qu'on appelle la neige toute mouillée des villes, chez nous), c'est impossible aussi de faire un arrêt en les posant par terre.
Et évidemment, les trois feux de Chauderon sont tous rouges, l'un après l'autre, ce qui fait qu'on met quinze minutes pour traverser un pont. Pour couronner le tout, le contenu du panier est carrément de saison : un kilo de carottes (on a fini le précédent hier) ; un kilo de patates (il en reste plein le frigo) ; six kiwis (je suis allergique aux kiwis) ; un chou blanc (mais qu'est-ce qu'on peut bien faire avec un chou blanc) ; et pour sauver un peu l'affaire, du rampon et du pourpier, histoire d'avoir un peu de vert et frais.

Donc... une fois arrivée à la maison sans fémur ni coccyx cassé, avoir rangé les légumes et suspendu le manteau mouillé, la question se pose : que faire avec tout ça, et avec le contenu du frigo (des pots de confiture, un vieux yoghurt, des sauces asiatiques en tout genre, de la moutarde, les légumes susmentionnés, un reste de margarine, trois oeufs, un rouleau de pâte brisée) ? Et relativement rapidement, en plus ?

Quelques minutes de surf plus tard, une tarte salée au chou blanc :

- 1 rouleau de pâte brisée
- 1 yoghurt nature
- 2 oeufs
- 1 petit chou blanc
- 1 carotte
- 1 échalotte
- 1 généreuse cc de curry en poudre (ou plus au moins, selon goût et type de curry)
- sel, poivre

Préchauffez le four à 180 degrés. Lavez puis coupez le chou en morceaux, en ôtant le tronc, les morceaux durs. Détaillez-le en lanières grossières. Jetez le dans un fonds d'eau dans votre Hotpan, dans un peu plus d'eau dans une casserole normale. Ajoutez-y l'échalotte hachée, et la carotte épluchée puis râpée en gros. Laissez cuire une dizaine de minutes, les légumes doivent rester croquants, égouttez et rincez.

Dépliez la pâte dans une plaque à gâteau, piquez-la. Dans un saladier, battez les oeufs, le yoghurt, le curry, salez et poivrez. Versez les légumes sur la pâte et recouvrez du mélange au curry. Mon chou à moi était trop gros, il me reste un peu de légumes auxquels je trouverais bien un destin ces prochains jours.

Laissez cuire quarante minutes. Dégustez avec une salade (par exemple de rampon et pourpier enfin ce n'est pas obligé).



Pour une recette improvisée, avec un panier d'hiver pas très gai et les restes du frigo, j'ai été vraiment convaincue. Le curry se marie très bien avec le chou, la carotte met le minimum de couleur nécessaire, l'échalotte le parfum. En plus, en utilisant un yoghurt plutôt que de la crème, la tarte est toute légère.

Finalement, un heureux dénouement pour ce menu d'hiver conçu sans s'en réjouir...

dimanche 28 septembre 2008

des figues, des noisettes, des fleurs et du bleu dans ma salade


Hier le marché était généreux. Le petit monsieur aux gros doigts avait encore des champignons des bois, mais aussi un plein cageot de salade verte parsemée de capucines. Juste en face, une dame vendait des figues... du pays. On s'est dit que la saison suisse des figues devait durer à peu près une semaine en tout, et qu'il fallait donc foncer !

Je me suis alors souvenue que lors du repas extraordinaire de Judith B. dégusté la veille, j'avais remarqué une association inattendue et délicieuse dans mon assiette de chevreuil. Entre les airelles, l'épinette, les lentilles beluga et le boudin aux pommes, se trouvait une sorte de boulette de figue séchée, avec un petit goût que nous avons cherché à expliquer quelques minutes. Nous sommes finalement tombé d'accord pour identifier une touche de fromage bleu, imperceptible et parfaite - comme tout le reste de ce repas. Je n'ai pas souhaité y faire de photos pour apprécier tranquillement l'instant, mais sooishi a raconté sa dernière visite dans cette merveilleuse pinte des montagnes dans un billet récent

Tout ça pour non seulement vous dire que j'ai adoré manger chez Judith B., mais que cela m'a donné envie d'oser une association inédite dans ma salade : les figues, le bleu, et les noisettes pour le croquant.

Pour quatre personnes en entrée :

- quatre belle poignées de salade verte et fraiche
- des capucines si vous en trouvez
- 70g de noisettes entières
- 80g de fromage bleu crémeux, type St-Agur
- une douzaine de figues fraiches
- un morceau de beurre
- de l'huile d'olive, du vinaigre balsamique, un peu de levure pour lier la sauce
- du sel, du poivre

Commencez par mixer grossièrement les noisettes, sans les réduire en poudre : il faut qu'elles gardent matière et croquant. Grillez les à sec, en remuant régulièrement, jusqu'à ce qu'elles se dorent un peu et prennent une odeur torréfiée. Réservez-en un quart pour la décoration finale.

Ecrasez le fromage, au mixer ou à la fourchette. Mélangez-le aux noisettes grillées et refroidies, vous obtiendrez une masse bien collante. Formez en de petites boulettes, avec les doigts c'est le plus simple.

Faites fondre le beurre dans une poêle. Coupez les figues en deux, et faites-les revenir pendant 5 minutes, en les retournant. Pendant ce temps, disposez votre salade sur les assiettes, parsemez de capucines, puis de boulettes au bleu. Concoctez une sauce.

Lorsque les figues brunissent, répartissez les sur les assiettes, saupoudrez de noisettes croquantes, arrosez de la sauce à salade, salez et poivrez.

Dégustez immédiatement.

lundi 14 juillet 2008

merveilleux granité de melon en salade


Au fil des blogs, on croise des recettes, puis on en imagine, et on ne sait pas toujours qui en a été l'inspiratrice, plus rarement l'inspirateur (je ne sais pas si quelqu'un s'est déjà amusé à statistiquer le sexe des auteurs culinaires mais le plus souvent, on peut l'écrire auteure...). Souvent plusieurs personnes, plusieurs recettes, plusieurs images et associations.

Pour cette merveilleuse entrée, je sais toutefois qui je dois remercier : c'est Julie, avec son granité de pastèque, qui m'a donné l'idée de congeler l'autre soir les trois tranches de melon qui restaient tristement sur le plat après un repas entre amis.

Ce soir, après une journée à retourner quelques principes dramaturgiques dans tous les sens pour avancer dans le mémoire que je veux, je dois, je ne manquerai pas de rendre avant mon départ en vacances, je les ai retrouvé dans leur petite boîte, en cherchant un petit souper à composer. Et hop, c'était parti.

Pour deux entrées mégaclasses, mégabonnes, mégasimples, mégarapides :

- 3-4 tranches d'un melon bien mûr
- 1 belle branche de menthe fraiche
- 1 cs d'huile d'olive
- du sel et du poivre

La recette demande un peu d'anticipation : au moins 24 heures avant, ou bien le jour où vous n'arrivez pas à finir votre melon, coupez-le grossièrement en morceaux avant de le stocker au congélateur.

Lancez-le dans un mixer, avec les feuilles de menthe, l'huile, l'assaisonnement. Donnez quelques tours, jusqu'à obtenir des petits morceaux, format gravier fin.

Préparez une salade - voici une version idéale pour aller dessous le granité :

- de la salade à tondre ou des jeunes pousses variées
- 2 cs de vinaigre de vin blanc
- 2 cs d'huile d'olive
- 2 cs d'huile de noix
- 1 tombée de mélasse de grenade

Dressez votre salade verte dans deux assiettes, préparez la sauce, arrosez les feuilles. 

Disposez le granité au centre sans attendre, et dégustez en oubliant que l'hiver existe.




vendredi 4 juillet 2008

filets de lapin aux abricots (sauge, ail nouveau)


Je suis assez fière de cette création inspirée par les ingrédients disponibles un soir au petit supermarché près de mon travail, dix minutes avant la fermeture. Des goûts de jardin, d'été, de sud qui se marient entre eux tout en gardant chacun leurs qualités. Une jolie présentation à déguster aussi des yeux. Bref, une grande réussite que ces lapins abricotés (la grosse tête, moi ? jamais !). Je pense même les reprendre un jour pour des invités.

Pour un soir d'été à deux mangeurs :
- 4 abricots
- 6 filets de lapin
- 3 gousses d'ail nouveau
- de la sauge fraiche (un demi-bouquet)
- de l'huile d'olive
- 1 cs de porto

Commencez par dénoyauter les abricots, et les couper en quartiers, ou plutôt en sixièmes ou huitièmes. Faites revenir les morceaux de fruits avec un peu d'huile d'olive. Après 2-3 minutes, ajoutez leur un peu d'eau, et une cuillère à soupe de porto. Faites cuire à feu vif, encore 4-5 minutes. Laissez refroidir.

Pendant ce temps, hachez finement les trois gousses d'ail frais et ciselez la sauge. Mélangez ces arômes aux abricots, poivrez généreusement, liez avec 2 cuillerées à soupe d'huile d'olive. 

Lorsque cette compotée est à peu près froide, intégrez-y les filets de lapin. Il est important d'attendre pour que la viande ne cuise pas au contact des fruits.

Laissez mariner, au moins trois quarts d'heure, mais quatre heures c'est probablement très bien aussi, si vous avez le temps.

Faites chauffer de l'huile dans une poêle, saisissez les filets de lapin repêchés de leur marinade 2 minutes de chaque côté. Ajoutez ensuite les abricots parfumés, et la mixture sauge ail, laissez dans la poêle en mélangeant régulièrement jusqu'à ce que les filets aient fini de cuire.

J'ai servi ce plat avec une petite salade d'épinards frais, assaisonnée d'une sauce à salade très simple : de la délicieuse huile de colza biologique, du vinaigre de pomme, de la moutarde.

Et pour les gourmets gourmands, quelques champignons lardés compléteront idéalement l'assiette...

vendredi 27 juin 2008

tartare croquant et rapide de betterave

Le retour de la betterave, que je fais souvent crue comme vous avez peut-être pu l'observer. Cette fois, dans le rôle principal d'un tartare frais et croquant, à servir en entrée, et rapide à préparer.

Pour 2 à 3 personnes, les ingrédients :

- deux betteraves crues
- deux oignons de printemps
- un demi-bouquet de persil
- un citron bio
- un yoghurt nature
- de la fleur de sel
- du poivre du moulin
- des graines de tournesol (2 cs)


Epluchez les betteraves, enlevez les extrémités dures, et coupez-les en gros cubes. Mettez-les au mixer pour quelques tours, mais sans les réduire en purée : l'idée est d'obtenir des petits morceaux encore croquants. Mettez ces morceaux dans un bol à part.

Mixez à présent les oignons précédemment coupés en quatre, le persil, avec le zeste du citron. Ajoutez le yogurt et mélangez le tout à la betterave. Ajoutez enfin deux cuillerées de graines de tournesol, quelques tours de poivre, quelques pincées de fleur de sel.

Dégustez le tartare avec une salade verte, très simplement assaisonnée : un filet d'huile de noix, un filet de vinaigre de vin blanc.

Vous pouvez le servir en petits "pâtés de sable", en retournant sur l'assiette un verre, une tasse ou un petit bol que vous aurez rempli généreusement de tartare, en le tassant bien.

mercredi 25 juin 2008

douce salade estivale à la cuillère parisienne et mélasse de grenade



Cette salade de fruits jolie jolie jolie est partie de deux envies :

1) Utiliser enfin la magnifique cuillère parisienne orange héritée de mon grand-papa (après sa mort, dans sa cuisine, j'ai récupéré quelques accessoires, cette cuillère, un presse-purée que j'ai fini par jeter car il était vraiment trop pénible à utiliser, et son nécessaire complet de dégustation d'escargots. Utiliser tout cela me rend toujours joyeuse, mais l'écrire me rend un peu triste)

2) Ouvrir ma nouvelle bouteille de mélasse de grenade (j'ai découvert ce produit il y a quelques années, chez mon pâtissier syrien préféré, mais l'ai toujours plutôt utilisé sur des salades salées)


Avec tout cela, la salade de fruits s'imposait, ça tombe bien, c'est justement ce qu'on me demandait d'amener hier soir chez O. et S. Je l'ai composée au gré du (super)marché et des fruits qui me faisaient envie, ne provoquent pas ou peu d'allergies chez moi, tout ça dans un éventail de couleurs complémentaires...

Ce qui nous fait, pour sept mangeurs déjà bien calés par toutes les délicieuses charcuteries, tortillas et croquettes qu'ils ont avalées avant :

- une demi-pastèque
- un melon vert (qui s'avèrera plutôt blanc)
- quatre ou cinq nectarines
- un ananas
- une barquette de framboises fraîches
- une bonne poignée de pistaches nature
- le jus d'un citron
- un décilitre de mélasse de grenade

A partir de là, c'est assez simple, mais un peu répétitif. Prenez votre cuillère parisienne bien en main, et taillez des boules à peu près régulières dans les différents fruits. Le melon c'est idéal. L'ananas, si il est bien mûr et une fois enlevée l'écorce, c'est bien aussi. La demi-pastèque, c'est le plus fastidieux, parce qu'il faut enlever les graines. Les nectarines, c'est à faire quand on a encore de la force mais le geste bien rodé, parce que c'est un peu dur.

Mélangez toutes ces jolies boules, et arrosez-les du jus de citron mélangé à la mélasse de grenade. Laissez les framboises tranquilles dans leur barquette. Concassez grossièrement les pistaches, et ajoutez-les à la salade. Conservez au frais si vous ne dégustez pas tout de suite. Ajoutez-les framboises seulement au moment de servir, pour qu'elles gardent une jolie tenue et une fraîcheur piquante.

Et deux versions possibles pour le service :


De jour, des fruits fraîchement coupés juste arrosés de leur jus dans une assiette à dessert.


De nuit, des fruits qui ont eu le temps de macérer dans leur grenade, avec de jolis verres et des piques super kitsch mais si festives qu'on leur pardonne ... 

(especial gracias pour la photo : O.)


samedi 31 mai 2008

terrine de volaille du printemps ou la cuisine à l'avance d'une femme qui court

Hier soir j'étais confrontée à l'un de ces couacs temporels si fréquents dans ma vie (et sûrement dans la vôtre) : des invités à souper, l'envie de faire à manger bon et beau pour eux, et une obligation professionnelle qui devait me mener au moins jusqu'à 19h45... En réalité j'ai poussé ma porte à 20h, l'heure supposée de leur arrivée, et à cette minute même je recevais un message de leur part annonçant leur propre retard pour des raisons similaires. Ma réponse : "Parfait !"
Toujours est-il que j'avais pris mes dispositions, et prévu un petit menu printanier avec un max d'étapes réalisées la veille. Et donc en entrée, cette petite terrine de volaille.



Trouvée dans le dernier numéro de Elle à table elle est annoncée pour quatre personnes et prévue pour une seule terrine. N'étant pas très équipée dans le domaine, je l'ai réalisée dans des verrines individuelles (supportant évidemment le passage au four), et ai finalement obtenus 5 portions. Mais les restes, je trouve ça super, surtout le samedi où je pars en formation dans une université désertée, où d'infâmes soupes de distributeur constituent la seule proposition culinaire à disposition.
La recette figurait dans la rubrique Menu petit prix. Même si elle ne m'a pas coûté bien cher et que je ne l'ai pas retenue pour cela, je me demande bien quelle qualité de volaille s'autorise le responsable de la rubrique pour en financer 300g plus les autres ingrédients avec 5 Euros. Ou alors, la vie est vraiment définitivement plus chère en Suisse qu'en France.

Donc, les verrines/terrines :

- 300g de blancs de volaille (j'ai pris du poulet)
- 1 tranche de jambon (j'en ai mis 2)
- 4 champignons de Paris (ben ce fut 6... incapable de tenir une consigne moi)
- 1 oeuf
- 1 cs de crème
- des fines herbes : chez moi, ciboulette et persil

Coupez le poulet et le jambon en morceaux, les champignons en 4, pré-hachez grossièrement les fines herbes. Balancez le tout dans un robot-mixer, ave l'oeuf, la crème, du sel et du poivre. Actionnez le mixer par à-coups, jusqu'à obtenir une masse grossière, "la consistance d'une farce" dit Elle. 
Beurrez vos terrines et faites cuire le tout au four préchauffé à 180 degrés, pendant 25 minutes, au bain-marie (soit un plat à gratin plein d'eau dans lequel vous déposez délicatement vos verrines - attention à la sortie, c'est chaud !).
Laissez refroidir, et mettez au frigo, vous pouvez les gardez jusqu'au lendemain sans inquiétude.

Parce que j'aime être efficace tendance perfectionniste et que j'avais bien envie de prendre un maximum l'apéritif avec mes hôtes, j'ai également lavé les grandes feuilles d'une belle salade fraîche et préparé une sauce maison, à base d'huiles d'olive et colza, de moutarde en grains, de vinaigre de pommes et d'un peu de balsamique. Et j'ai stocké le tout au frais, respectivement dans l'essoreuse et dans un bocal.

Juste avant de passer à table, il m'a suffit de démouler les verrines dans les assiettes, de déchirer la salade à côté, de couper quelques radis en rondelles pour la déco et le piquant, et d'ouvrir le vin. 

Cette petite terrine est assez délicate, fraîche. Pas d'incroyable découverte, mais une agréable entrée en matière pour un soir de beau temps.