L'hiver se prolonge. Sérieusement. Ce matin, pour la quinzième fois de la saison, j'ai ouvert la fenêtre pour découvrir un grand manteau blanc sur la ville. J'ai glissé délicatement en bas de ma rue et remercié le ciel d'arriver en même temps que mon bus - il faut dire, il n'en vient que toutes les quinze minutes, donc la plupart du temps je fais le trajet à pied.
J'avoue en avoir un peu marre des collants en laine, de mon manteau violet, de mon écharpe et mon bonnet. Mais surtout, de tourner avec deux paires de bottes plates, et une paires de baskets montantes. Je rêve de bas à 30 deniers, de jolis talons, et de ressortir une veste légère. Surtout ce soir, en descendant mon chemin trop raide et pas déneigé avec deux cabas plein des légumes du panier.
Déjà, avec deux cabas (parce que les copains ont la bonne idée d'être en tournée et de bosser le soir alors il faut bien prendre le leur et le leur garder au frais), c'est impossible de changer de main pour soulager mon petit bras. Et avec de la papotche partout (oui, c'est comme ça qu'on appelle la neige toute mouillée des villes, chez nous), c'est impossible aussi de faire un arrêt en les posant par terre.
Et évidemment, les trois feux de Chauderon sont tous rouges, l'un après l'autre, ce qui fait qu'on met quinze minutes pour traverser un pont. Pour couronner le tout, le contenu du panier est carrément de saison : un kilo de carottes (on a fini le précédent hier) ; un kilo de patates (il en reste plein le frigo) ; six kiwis (je suis allergique aux kiwis) ; un chou blanc (mais qu'est-ce qu'on peut bien faire avec un chou blanc) ; et pour sauver un peu l'affaire, du rampon et du pourpier, histoire d'avoir un peu de vert et frais.
Et évidemment, les trois feux de Chauderon sont tous rouges, l'un après l'autre, ce qui fait qu'on met quinze minutes pour traverser un pont. Pour couronner le tout, le contenu du panier est carrément de saison : un kilo de carottes (on a fini le précédent hier) ; un kilo de patates (il en reste plein le frigo) ; six kiwis (je suis allergique aux kiwis) ; un chou blanc (mais qu'est-ce qu'on peut bien faire avec un chou blanc) ; et pour sauver un peu l'affaire, du rampon et du pourpier, histoire d'avoir un peu de vert et frais.
Donc... une fois arrivée à la maison sans fémur ni coccyx cassé, avoir rangé les légumes et suspendu le manteau mouillé, la question se pose : que faire avec tout ça, et avec le contenu du frigo (des pots de confiture, un vieux yoghurt, des sauces asiatiques en tout genre, de la moutarde, les légumes susmentionnés, un reste de margarine, trois oeufs, un rouleau de pâte brisée) ? Et relativement rapidement, en plus ?
Quelques minutes de surf plus tard, une tarte salée au chou blanc :
- 1 rouleau de pâte brisée
- 1 yoghurt nature
- 2 oeufs
- 1 petit chou blanc
- 1 carotte
- 1 échalotte
- 1 généreuse cc de curry en poudre (ou plus au moins, selon goût et type de curry)
- sel, poivre
Préchauffez le four à 180 degrés. Lavez puis coupez le chou en morceaux, en ôtant le tronc, les morceaux durs. Détaillez-le en lanières grossières. Jetez le dans un fonds d'eau dans votre Hotpan, dans un peu plus d'eau dans une casserole normale. Ajoutez-y l'échalotte hachée, et la carotte épluchée puis râpée en gros. Laissez cuire une dizaine de minutes, les légumes doivent rester croquants, égouttez et rincez.
Dépliez la pâte dans une plaque à gâteau, piquez-la. Dans un saladier, battez les oeufs, le yoghurt, le curry, salez et poivrez. Versez les légumes sur la pâte et recouvrez du mélange au curry. Mon chou à moi était trop gros, il me reste un peu de légumes auxquels je trouverais bien un destin ces prochains jours.Laissez cuire quarante minutes. Dégustez avec une salade (par exemple de rampon et pourpier enfin ce n'est pas obligé).

Pour une recette improvisée, avec un panier d'hiver pas très gai et les restes du frigo, j'ai été vraiment convaincue. Le curry se marie très bien avec le chou, la carotte met le minimum de couleur nécessaire, l'échalotte le parfum. En plus, en utilisant un yoghurt plutôt que de la crème, la tarte est toute légère.
Finalement, un heureux dénouement pour ce menu d'hiver conçu sans s'en réjouir...





