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mardi 8 septembre 2009

j'ai embrassé un hells angels - risotto à l'oseille (et courgette, poivre blanc)

Ce soir, à la station-service, je fais le plein de mon scooter. A la pompe d'à côté, deux types portent le même blouson de cuir noir, avec la même laide broderie "hells angels suisse". 

Arrivée à la caisse, je croise l'un d'entre eux ; l'étroite ouverture du casque intégral laisse apparaître les yeux, des joues compressées, quelques centimètres de peau. Le visage, ou ce que j'en vois, m'apparaît vieilli, mais familier. Je repense à un échange de baisers adolescents dans l'obscurité de la chambre de ma copine L., transformée en dortoir improvisé.
Qu'est devenue L., d'ailleurs ?
Est-ce bien ce garçon ?
Combien d'années ça fait ?
Peu sûre de moi, peu disposée à aborder un homme masqué, j'attends mon tour en silence. 

De retour à mon véhicule, le hells angels m'aborde. A mon regard interrogateur, il marmonne son prénom. Il est bien celui que je pensais. Mon incroyable capacité à reconnaître les gens m'étonne, encore une fois. Nous échangeons quelques banalités. 

Je ne saurai pas si il a toujours des longs cheveux bouclés, si ils sont devenus plus gris, si les petites rides du contour des yeux lui vont bien, ou pas. Nous avons échangé quelques mots, mais il a laissé son casque.

N'empêche, j'ai embrassé un hells angels.

En rentrant, j'ai fait un risotto; ça n'a pas grand-chose à voir.

Risotto à l'oseille, courgettes et poivre blanc :

- une grande tasse de riz italien
- un bouquet d'oseille
- une grande courgette, ou bien deux plus petites
- un oignon moyen
- du bouillon de légumes, pour un litre
- poivre blanc
- parmesan 
- un jet d'huile d'olive

Faites revenir dans l'huile d'olive l'oignon coupé en petits morceaux. Pendant ce temps, préparez le bouillon. Lorsque l'oignon devient clair et un peu cuit, ajoutez le riz. Mélangez régulièrement, jusqu'à ce que les grains deviennent translucides. Mouillez d'une tombée de bouillon. Laissez cuire à feu doux.
Régulièrement, arrosez de bouillon, avant que le riz n'attache. Régulièrement, aussi, remuez avec une cuillère de bois.

Râpez la courgette grossièrement (format "bircher"). Hachez l'oseille. Lorsque le riz vous semble bientôt cuit (après quinze-vingt minutes environ), jetez-y la courgette râpée. Remuez, ajoutez encore du bouillon, laissez s'évaporer le liquide. Ensuite, ajoutez l'oseille. Lorsque c'est presque prêt, deux poignées de parmesan fraîchement râpé. Poivrez, le poivre blanc est parfait, un autre ira aussi.

Servez avec du parmesan râpé à volonté. Les quantités conviennent pour deux à trois portions.

dimanche 10 mai 2009

un risotto vert oublié à la cima di rapa

Non, il ne s'agit pas d'un risotto aux légumes oubliés. Les légumes oubliés n'existent plus, c'est un concept du début du millénaire, on les a retrouvés depuis. Mais bien d'un risotto oublié dans un recoin du bureau, dans un recoin d'Iphoto.

Tenir un blog, c'est cuisiner l'ordinateur ouvert, souvent. C'est photographier les doigts collants, ou gras, puis essuyer l'appareil photo d'un coin de tablier. C'est manger parfois un peu moins chaud. C'est pousser tout le contenu de la table sur un quart de celle-ci pour éclaircir l'espace autour de l'assiette.

(remarquez, ce jour là, je ne l'avais pas vraiment fait).

C'est aussi griffonner, tout au long de la cuisine, des quantités d'ingrédients sur des petits papiers qui traînent (je choisis souvent le dos des enveloppes du courrier, personnellement), puis biffer et modifier un nombre de grammes, de cuillères à soupe, un temps de cuisson.

Ces papiers s'empilent entre cuisine et bureau en attendant d'être repris pour un billet ; les photos s'accumulent dans le logiciel en attendant d'être retravaillées (un peu, surtout l'hiver) et compressées. Et ce risotto a donc été oublié entre deux de ces étapes, et vient de ressurgir. Ce n'est pas grave, il est de saison.

En janvier dernier, mon amoureux de retour de Bologne, avait chargé sa valise à roulettes de jambon de parme, d'une scamorza fumée, et de l'un de ses légumes fétiches : la cima di rapa. Nous l'avions cuisinée le soir-même, sur la base d'une recette trouvée sur le site de promotion du lait suisse (oui c'est un peu étrange comme référence - d'ailleurs je vous conseille plutôt mon adaptation car du sbrinz dans un risotto, c'est bien une idée de marketeurs suisses...).

Connaissez-vous cet étrange légume très courant sur les marchés italiens - ou sur les stands italiens de votre marché ? Grandes feuilles vertes en couronne autour d'un coeur de boutons de brocoli, ces deux doivent être cousins. Il se mange aussi poêlé, sur des pâtes, avec de la saucisse piquante par exemple.

Malheureusement je n'avais pas fait de photographie de l'animal entier, ouvrez l'oeil sur les marchés.

Pour 2 personnes :

- 300g de cima di rapa
- 1 oignon
- 1 gousse d'ail
- 200g de riz pour risotto
- 6-10 dl de bouillon de légumes chaud
- parmesan frais
- 40g de mascarpone
- sel, poivre, huile d'olive

Coupez la cime di rapa en morceaux, en jetant les morceaux durs du tronc, pour ne garder que les feuilles, les branches fines, et les coeurs. Cuire à l'eau salée, 5-6 minutes, les légumes doivent rester al dente. Réservez quelques boutons pour la décoration. Mixez le reste en purée.

Faites suer l'oignon et l'ail pressé dans de l'huile d'olive. Ajoutez le riz, faites revenir, jusqu'à ce que les grains soient translucides. Mouillez avec du bouillon, progressivement, un verre à la fois, puis remouiller à évaporation du liquide. Remuez régulièrement. La cuisson prendra une vingtaine de minutes.

Lorsque le riz est cuit, salez, poivrez, ajoutez la purée de cima di rapa, le mascarpone, du parmesan râpé à volonté.

Servez le riz dans des assiettes creuses avec un bouton au centre, et du parmesan en option pour ceux qui l'aiment beaucoup.

C'est beau ce vert, qui reste vif et printanier, même après cuisson, non ?

mardi 17 février 2009

tarte salée au chou blanc, en fait c'est plutôt bon


L'hiver se prolonge. Sérieusement. Ce matin, pour la quinzième fois de la saison, j'ai ouvert la fenêtre pour découvrir un grand manteau blanc sur la ville. J'ai glissé délicatement en bas de ma rue et remercié le ciel d'arriver en même temps que mon bus - il faut dire, il n'en vient que toutes les quinze minutes, donc la plupart du temps je fais le trajet à pied. 

J'avoue en avoir un peu marre des collants en laine, de mon manteau violet, de mon écharpe et mon bonnet. Mais surtout, de tourner avec deux paires de bottes plates, et une paires de baskets montantes. Je rêve de bas à 30 deniers, de jolis talons, et de ressortir une veste légère. Surtout ce soir, en descendant mon chemin trop raide et pas déneigé avec deux cabas plein des légumes du panier.




Déjà, avec deux cabas (parce que les copains ont la bonne idée d'être en tournée et de bosser le soir alors il faut bien prendre le leur et le leur garder au frais), c'est impossible de changer de main pour soulager mon petit bras. Et avec de la papotche partout (oui, c'est comme ça qu'on appelle la neige toute mouillée des villes, chez nous), c'est impossible aussi de faire un arrêt en les posant par terre.
Et évidemment, les trois feux de Chauderon sont tous rouges, l'un après l'autre, ce qui fait qu'on met quinze minutes pour traverser un pont. Pour couronner le tout, le contenu du panier est carrément de saison : un kilo de carottes (on a fini le précédent hier) ; un kilo de patates (il en reste plein le frigo) ; six kiwis (je suis allergique aux kiwis) ; un chou blanc (mais qu'est-ce qu'on peut bien faire avec un chou blanc) ; et pour sauver un peu l'affaire, du rampon et du pourpier, histoire d'avoir un peu de vert et frais.

Donc... une fois arrivée à la maison sans fémur ni coccyx cassé, avoir rangé les légumes et suspendu le manteau mouillé, la question se pose : que faire avec tout ça, et avec le contenu du frigo (des pots de confiture, un vieux yoghurt, des sauces asiatiques en tout genre, de la moutarde, les légumes susmentionnés, un reste de margarine, trois oeufs, un rouleau de pâte brisée) ? Et relativement rapidement, en plus ?

Quelques minutes de surf plus tard, une tarte salée au chou blanc :

- 1 rouleau de pâte brisée
- 1 yoghurt nature
- 2 oeufs
- 1 petit chou blanc
- 1 carotte
- 1 échalotte
- 1 généreuse cc de curry en poudre (ou plus au moins, selon goût et type de curry)
- sel, poivre

Préchauffez le four à 180 degrés. Lavez puis coupez le chou en morceaux, en ôtant le tronc, les morceaux durs. Détaillez-le en lanières grossières. Jetez le dans un fonds d'eau dans votre Hotpan, dans un peu plus d'eau dans une casserole normale. Ajoutez-y l'échalotte hachée, et la carotte épluchée puis râpée en gros. Laissez cuire une dizaine de minutes, les légumes doivent rester croquants, égouttez et rincez.

Dépliez la pâte dans une plaque à gâteau, piquez-la. Dans un saladier, battez les oeufs, le yoghurt, le curry, salez et poivrez. Versez les légumes sur la pâte et recouvrez du mélange au curry. Mon chou à moi était trop gros, il me reste un peu de légumes auxquels je trouverais bien un destin ces prochains jours.

Laissez cuire quarante minutes. Dégustez avec une salade (par exemple de rampon et pourpier enfin ce n'est pas obligé).



Pour une recette improvisée, avec un panier d'hiver pas très gai et les restes du frigo, j'ai été vraiment convaincue. Le curry se marie très bien avec le chou, la carotte met le minimum de couleur nécessaire, l'échalotte le parfum. En plus, en utilisant un yoghurt plutôt que de la crème, la tarte est toute légère.

Finalement, un heureux dénouement pour ce menu d'hiver conçu sans s'en réjouir...

lundi 5 janvier 2009

une betterave polonaise pour démarrer l'an neuf


Beaux et bons voeux à vous chers lecteurs et lectrices ; ce blog vient de passer son premier Nouvel An. Pas encore d'attaque pour les grandes rétrospectives, il est trop jeune. Mais pour fêter le cap, une recette qui pour la betterave que je suis, s'est avérée avoir un sacré goût de madeleine... auquel je ne m'attendais pas vraiment en fait.

Une recette transmise par A., dont je vous ai déjà parlé dans mon dernier billet ; une recette polonaise que j'avais oublié avoir déjà mangée. Une recette qui une fois dans mon assiette, et surtout dans ma bouche, m'a rappelée comme un goût d'enfance...

Est-ce que ma maman la réalisait, mais alors, forcément sur les conseil de sa belle-maman à elle, vu que la culture polonaise c'est plutôt du côté de mon papa ?

Est-ce un souvenir de repas chez mon grand-père W. ? (le paternel et polonais donc, parti aujourd'hui là où on ne sait pas, celui qu'A. avait trouvé si beau dans les rues de sa ville, si exotique, si séduisant qu'elle l'avait rejoint en Australie pour l'épouser, puis ramené au bord de son lac... une longue histoire)

Je ne sais pas vraiment. Je demanderai. Mais ce qui est sûr c'est que c'est une excellente façon d'apprêter la betterave, comme accompagnement d'une viande, voire simplement de pommes de terre et d'un autre légume (chou, poireaux vinaigrette) pour un petit repas simple. 

J'ai fait la moitié de la quantité ci-dessous, et presque tout mangé en un repas, toute seule... il faut dire que l'accompagnement était léger, une simple salade de chou... et que ma mémoire gustative appréciait le moment... 

Je dirai donc que cette recette est pour un accompagnement, pour quatre personnes :

- 1 kg de betteraves rouges cuites - ou "racines rouges" comme on les nomme chez nous
- 200g de petits lardons
 - 1-2 cs de farine
- 1 tombée de vinaigre, sel, poivre

Epluchez les betteraves et passez les au mixer ; elles doivent être réduites en purée, comme des épinards hachés.
Dans une casserole - par exemple une Hotpan, si jolie et si pratique - faites un roux : rissolez doucement les petits lardons, puis ajoutez la farine, mélanger. Il est possible d'ajouter un peu de beurre pour que le roux se lie mieux.
Ajoutez la purée de racines rouges, et mélangez bien. Les racines deviennent plus violacées. Finissez avec une giclée de vinaigre, du sel, du poivre. Ce plat doit être un peu aigre-doux.

Vous n'y trouverez peut-être pas de saveur d'enfance ; mais j'espère que vous l'apprécierez vous aussi. 

mardi 30 septembre 2008

douces poires safranées ou un dessert chaud en couleurs

Un joli dessert d'automne, haut en épices et en couleurs. Il est tiré d'un livre que j'aime beaucoup mais dont je n'ai que quelques photocopies, tirées de l'exemplaire d'un ancien amoureux.



Pour quatre desserts après un bon repas :

- 4 belles poires
- 1 citron
- 1 dl de vin blanc
- 100g de miel d'acacia - ou dans mon cas pour cette fois, 4 cs de miel de ronces et marronniers, plus parfumé
- 1 cc de filaments de safran (important les filaments, c'est tellement plus joli)

Faites bouillir le vin blanc et le miel, dans une cocotte assez grande pour contenir les quatre poires entières. Pendant ce temps, épluchez les poires, en leur laissant la tige. Frottez les de citron au fur et à mesure.

Ajoutez le safran au sirop, puis les poires. Laissez les cuire pendant vingt minutes environ, en les retournant régulièrement, et en les arrosant à chaque fois de sirop.



Une fois qu'elles sont bien cuites de tous les côtés, retirez-les du feu et laissez encore réduire un peu le sirop, en le laissant bouillir quelques minutes.

A vous de voir maintenant comment vous voulez les manger.

Si le repas est proche, vous pouvez garder le tout au chaud, ma casserole isolante et écologique m'a permis de les servir encore bien tièdes deux heures plus tard. Sinon, ce dessert ce conserve très bien au frais dans un plat couvert, les poires dans leur sirop.

Au moment de servir, dressez une poire sur chaque assiette, et arrosez d'une ou deux cuillerées de sirop.



J'aime beaucoup ce dessert très beau et très simple à réaliser, qui est aussi bon chaud, tiède, que très froid. Le jaune du safran et le rouge de ses filaments transforment les poires en bijoux magnifiques. A manger avec à choix, quelques tuiles (par exemple aux amandes), un peu de glace (par exemple au chocolat, ou à la vanille), ou juste comme ça.

mardi 17 juin 2008

chou-raves glacés à la Hotpan

Je vais être très claire : il ne s'agit pas de faire de la pub, même si je suis suisse je ne suis pas payée par Kuhn Rikon, mais il est temps de vous présenter ma, plutôt mes nouvelles casseroles chéries, j'ai nommé les Hotpan.

Reçues pour mon anniversaire de ma maman chérie et de mon chéri tout court elles trônent pompeusement en haut de mon frigo, la verte avec l'orange, et j'en suis si fière que j'en parle à tout le monde. La seule arnaque de l'affaire est que le livre de recettes qui va avec était à acheter à part et je trouve franchement qu'au prix de la casserole ils auraient pu le donner avec, enfin, passons à l'essentiel :

Les casseroles Hotpan sont écologiques. En effet la cuisson s'achève dans un récipient, hors du feu. Et surtout, elles sont jolies. 

J'ai utilisée la grande hier pour cuisiner les chou-raves de mon panier, en m'inspirant du fameux livre de recettes. Et pour me la jouer vraiment Maïté (en moins gore), je vous propose toutes les étapes en photos (un peu jaunes vu que le jour était un peu gris, merci de votre compréhension, les ampoules aussi sont écologiques dans ma cuisine).

Faites revenir un oignon dans un peu d'huile, dans la Hotpan


Ajoutez les chou-raves en morceaux


Lorqu'ils sont un peu colorés, ajoutez 0.5 dl de bouillon


Fermez la Hotpan et portez à ébullition. Lorsque la vapeur s'échappe du couvercle, baissez le feu et laisser cuire à feu doux pendant cinq minutes.


Après cinq minutes, transférez la casserole toujours fermée dans le réceptacle laqué, pour quinze minutes environ. Ajoutez un peu de beurre lorsque la cuisson est terminée.


Ensuite, remettez la Hotpan sur le feu vif, saupoudrez d'un peu de sucre, et laissez glacer tout en remuant.


Dégustez, dans notre cas avec un gratin de chou pointu et pommes de terre, un souper spécial légumes du lundi soir.