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dimanche 10 mai 2009

un risotto vert oublié à la cima di rapa

Non, il ne s'agit pas d'un risotto aux légumes oubliés. Les légumes oubliés n'existent plus, c'est un concept du début du millénaire, on les a retrouvés depuis. Mais bien d'un risotto oublié dans un recoin du bureau, dans un recoin d'Iphoto.

Tenir un blog, c'est cuisiner l'ordinateur ouvert, souvent. C'est photographier les doigts collants, ou gras, puis essuyer l'appareil photo d'un coin de tablier. C'est manger parfois un peu moins chaud. C'est pousser tout le contenu de la table sur un quart de celle-ci pour éclaircir l'espace autour de l'assiette.

(remarquez, ce jour là, je ne l'avais pas vraiment fait).

C'est aussi griffonner, tout au long de la cuisine, des quantités d'ingrédients sur des petits papiers qui traînent (je choisis souvent le dos des enveloppes du courrier, personnellement), puis biffer et modifier un nombre de grammes, de cuillères à soupe, un temps de cuisson.

Ces papiers s'empilent entre cuisine et bureau en attendant d'être repris pour un billet ; les photos s'accumulent dans le logiciel en attendant d'être retravaillées (un peu, surtout l'hiver) et compressées. Et ce risotto a donc été oublié entre deux de ces étapes, et vient de ressurgir. Ce n'est pas grave, il est de saison.

En janvier dernier, mon amoureux de retour de Bologne, avait chargé sa valise à roulettes de jambon de parme, d'une scamorza fumée, et de l'un de ses légumes fétiches : la cima di rapa. Nous l'avions cuisinée le soir-même, sur la base d'une recette trouvée sur le site de promotion du lait suisse (oui c'est un peu étrange comme référence - d'ailleurs je vous conseille plutôt mon adaptation car du sbrinz dans un risotto, c'est bien une idée de marketeurs suisses...).

Connaissez-vous cet étrange légume très courant sur les marchés italiens - ou sur les stands italiens de votre marché ? Grandes feuilles vertes en couronne autour d'un coeur de boutons de brocoli, ces deux doivent être cousins. Il se mange aussi poêlé, sur des pâtes, avec de la saucisse piquante par exemple.

Malheureusement je n'avais pas fait de photographie de l'animal entier, ouvrez l'oeil sur les marchés.

Pour 2 personnes :

- 300g de cima di rapa
- 1 oignon
- 1 gousse d'ail
- 200g de riz pour risotto
- 6-10 dl de bouillon de légumes chaud
- parmesan frais
- 40g de mascarpone
- sel, poivre, huile d'olive

Coupez la cime di rapa en morceaux, en jetant les morceaux durs du tronc, pour ne garder que les feuilles, les branches fines, et les coeurs. Cuire à l'eau salée, 5-6 minutes, les légumes doivent rester al dente. Réservez quelques boutons pour la décoration. Mixez le reste en purée.

Faites suer l'oignon et l'ail pressé dans de l'huile d'olive. Ajoutez le riz, faites revenir, jusqu'à ce que les grains soient translucides. Mouillez avec du bouillon, progressivement, un verre à la fois, puis remouiller à évaporation du liquide. Remuez régulièrement. La cuisson prendra une vingtaine de minutes.

Lorsque le riz est cuit, salez, poivrez, ajoutez la purée de cima di rapa, le mascarpone, du parmesan râpé à volonté.

Servez le riz dans des assiettes creuses avec un bouton au centre, et du parmesan en option pour ceux qui l'aiment beaucoup.

C'est beau ce vert, qui reste vif et printanier, même après cuisson, non ?

mercredi 9 juillet 2008

tiramifraises citron


Une maison familiale encore nouvelle avec un jardin encore pas souvent fréquenté ;
une invitation du dimanche soir lancée lorsqu'il faisait beau ;
une envie de dessert gourmand mais fruité pour ce beau temps ;
un dimanche finalement très pluvieux ;
un constat : "je l'avais imaginé sur fonds vert gazon, mais c'est joli aussi, sur le sol de la nouvelle cuisine" ;
une belle soirée avec un frère, une soeur, un parrain, un papa et les amoureux de tous ces gens ;
un second constat : "ça se présente mieux avant d'être servi" ;
un regret : que le mal de ventre de ma petite soeur l'aie privée de dessert. Je lui le referai, c'est promis !

Tiramifraises citron, les ingrédients :

- 500g de fraises (j'ai trouvé des Mara, c'était plutôt bien leur petit goût de fraises sauvages avec la liqueur de cassis)
- 4 oeufs
- 250g de mascarpone
- 50g de sucre
- 1 pincée de sel
- 3 citrons
- 100g de biscuits à la cuillère
- 1.5 dl de crème de cassis
- 1 demi cc d'agar-agar (facultatif)

Lavez les fraises, puis coupez-les en quatre morceaux pour les grosses, deux morceaux pour les petites, et donc, trois morceaux pour les moyennes (je suis pas maniaque, je suis précise).

Séparez vos oeufs :
D'un côté les jaunes, que vous battez avec le sucre jusqu'à liaison totale et éclaircissement de la masse.
De l'autre côté les blancs, que vous montez en neige avec leur pincée de sel.

Faites chauffez 50 ml d'eau avec l'agar-agar. Mélangez et quand c'est chaud, retirez du feu et laissez tiédir... un peu.
Pendant ce temps, battez le mascarpone avec les jaunes d'oeufs sucrés, et le jus d'un citron. Quand l'agar-agar est tiédi mais pas figé, intégrez-le.

Enfin, mélangez délicatement les blancs en neige avec toute cette masse.

A part ça, si vous n'avez pas d'agar-agar où ne souhaitez pas en mettre, ça ira aussi. J'ai testé avec parce que le tiramisu devait voyager, et je pense que ça l'a aidé à tenir sur la route. Par contre, au service, une fois avoir découpé la masse jusqu'au fonds du plat, plus question d'avoir une jolie part chic.

Donc si vous mangez chez vous, ne vous embêtez pas avec ce truc qui gélifie trop vite pour les cuisinières lentes du dimanche matin comme moi...

Dernière étape avant l'assemblage, mélangez la liqueur de cassis et le jus des deux citrons restants dans une assiette à soupe.

Assemblage :

- on trempe ses petits biscuits dans la liqueur citronnée
- on les range tout bien serrés au fonds du plat
- on les recouvre d'une petite couche de crème mascarpone
- on recouvre cette crème des fraises coupées (en en gardant assez pour la déco finale)
- on recouvre les fraises du reste de la crème mascarpone
- on décore délicatement avec les fraises, qui ont tendance à couler, donc doivent être assez grosses pour rester visibles et assez petites pour flotter un peu

Mettre le tout au frais pour quelques heures, voire une nuit.

Servez en assiettes creuses, avec le plus de délicatesse possible, et des petites cuillères.

Des petits biscuits (par exemple, les amarettis à l'orange de la ligne argentée "nourriture fine" d'une grande chaine de supermarchés suisse) accompagneront très bien ce dessert.


jeudi 5 juin 2008

tarte aux épinards et tomates séchées en recette improvisée

Il y a les veilles d'aller chercher mon lot hebdomadaire de légumes, où j'hésite souvent à faire des courses. Envie d'attendre le lendemain, de voir ce que mon panier me réserve, et ce qu'il va m'inspirer. Il y a aussi les soirs où le détour par le magasin du coin paraît énorme. Je ne sais plus exactement laquelle de ces circonstances m'a inspirée il y a quelques jours pour cette quiche improvisée.

Ce soir là donc il restait quelques épinards et de la pâte brisée. Plusieurs éléments laitiers pour donner de l'épaisseur. Et l'envie d'une touche supplémentaire pour égayer tout ça.

Le résultat s'étant avéré tout à fait délicieux, j'ai pris quelques notes et je vous propose donc cette quiche comme une vraie recette : 
- une pâte brisée (déjà abaissée pour les flemmes)
- 90g de jeunes épinards environ
- 1 dl crème
- 1 oeuf
- 1 yoghurt grec
- 125 g de mascarpone
- 8 tomates séchées à l'huile (en fait ce sont des demi-tomates)
- 15-20 feuilles de basilic
- sel et poivre

Préchauffez le four à 200 degrés.
Abaissez la pâte et piquez-la. Lavez et essorez les jeunes épinards, et le basilic. Hachez toutes ces feuilles grossièrement, aux ciseaux. Dispersez-les sur le fonds de pâte.
Battez l'oeuf. Ajoutez la crème, le yoghurt, le mascarpone, fouettez le tout pour obtenir une masse homogène. Noyez-y les tomates séchées en lamelles.
Répartissez cette masse sur le tapis vert. Salez et poivrez.

Mettez la tarte au four pendant 25 à 35 minutes, jusqu'à ce qu'elle vous paraisse dorée et cuite. Elle le sera.

Mangez-la avec les doigts, ou avec une salade.


lundi 2 juin 2008

crumble d'hommes et sa crème douce au sureau ou la cuisine à l'avance d'une femme qui court III

Et voilà la troisième recette de mon fameux repas de vendredi dont vous trouverez les précédentes étapes dans mes deux précédents billets. Si mes hôtes lisent un jour ce blog qu'ils ne s'en fassent pas : je cours, mais j'ai beaucoup de plaisir à leur faire à manger.

Pour le dessert, j'avais donc quelques pommes et un peu de rhubarbe à transformer en crumble. Envie de décoiffer un peu tout ça, de lui donner un peu de piquant, de poivré, j'ai donc décidé de l'accommoder au gingembre.

Ca nous donne donc pour 4 à 6 mangeurs :

- 4 pommes
- 400g de rhubarbe
- 4 cm de racine de gingembre
- 100g de beurre et un peu plus
- 200g de farine
- 100g de sucre de canne et un peu plus
- du gingembre en poudre
- et, touche finale, du whisky...

Le matin même, j'avais un peu de temps pour préparer les fruits : Râper la racine de gingembre et faire fondre une partie du "un peu plus" de beurre dans une casserole. Pendant ce temps, éplucher et couper les pommes en cubes grossiers. Les balancer dans la casserole et laisser cuire.
Pendant ce temps, éplucher la rhubarbe et la couper en cubes. L'ajouter aux pommes, saupoudrer de sucre de canne, laisser cuire un peu, arrêter le feu lorsque la rhubarbe commence à se défaire. 
J'ai laissé reposer cette compote toute la journée, et le soir en rentrant, j'ai préparé le crumble lui même, selon les quantités super faciles de la collègue que je venais de quitter : 200g de beurre (fondu), 100g de farine, 100g de sucre (de canne). Travailler ces trois ingrédients dans un bol, du bout des doigts, jusqu'à obtenir la texture adéquate : une sorte de poudre de perlimpinpin qui roule sous la pulpe des doigts, comme de mini-grumeaux. Pour rappeler le gingembre de la compote, j'ai ajouté 1 cuiller à café de son frère en poudre.
Et toujours sur le conseil de ma collègue, j'ai ajouté une tombée de whisky. Le goût prenant vite dans ma mixture, j'ai crû bon de m'arrêter là... mais j'aurais dû en mettre bien plus on l'a finalement à peine senti...

De là, comme pour tous les crumbles, il s'agit de beurrer généreusement un plat à four, de faire une couche de fruits, de couvrir cette couche de la pâte sablée, puis de laisser cuire jusqu'à jolie couleur dorée.

Pour servir avec ce crumble que je visais piquant (mais je doublerai la prochaine fois les doses de gingembre et whisky pour que cela devienne vraiment "pour les hommes"), je propose une crème douce et onctueuse, qui s'est parfaitement intégrée sur nos papilles :

- 1 yoghurt grec (180 g)
- 125g de mascarpone
- plus ou moins 4 cs de sirop de fleurs de sureau

Fouetter tout cela pour obtenir une crème homogène, ne pas hésiter à goûter pour le bon dosage de sirop, et en servir deux cuillères à soupe avec chaque part de crumble.

Petite parenthèse, je suis très fière des deux photos qui illustrent cette recette, qui du coup reçoit par mon propre jury la palme du plus joli billet paru depuis la création de la betterave urbaine.