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lundi 31 août 2009

le poulet rôti en romertopf en trois déclinaisons

Après trois semaines à l'autre bout du monde, j'étais un peu lassée du poulet. Le ayam à toutes les sauces nous convainquait bien moins que les merveilleux poissons, calamars, crabes et crevettes dégustées en bord de mer. Seules les brochettes satay sont restées dans nos assiettes jusqu'à la fin du séjour. En rentrant, je pensais me régaler surtout de pâtes, de légumes ; et puis de salades, ayant évité les crudités lavées trop souvent dans une eau incertaine.

Mais l'autre jour, les paysans des paniers avaient emmené avec eux quelques individus d'espèce volaillère. Dodus et bien nourris, ils n'avaient pas grand-chose à voir avec les animaux rencontrés là-bas, en Asie. 
Une cuisse de poulet vaudois, le poids de trois des leurs... Pas de conclusions hâtives sur un éventuel rapport comparable entre les individus de l'espèce humaine et féminine, je vous remercie... 

Alors voilà, j'ai acheté mon premier ayam suisse de l'été. Comme le barbecue sur mon balcon, ça ne le fait pas, j'ai opté pour un mode de cuisson bien européen : le romertopf. Et comme le poulet était vraiment dodu pour trois mangeurs, il y a une déclinaison proposée pour le lendemain (ou le jour d'après, histoire de ne pas se lasser). Et comme il y a toujours une bonne raison d'avoir du bouillon de qualité au frigo, il y a une déclinaison pour une prochaine recette.



1. Le poulet rôti :
- un beau poulet
- un citron bio
- 6-8 gousses d'ail
- 6 pommes de terre
- un roudoudou (= gros oignon)
- du sel, du poivre, des épices

Avant toute chose, faites tremper le romertopf à l'eau froide pendant une demi-heure. Ne préchauffez pas le four. Epluchez vos pommes de terre, lisez un journal, relevez vos mails.

Coupez le roudoudou en tranches. Coupez les pommes de terre en deux. Tapissez le fonds du romertopf d'oignon, puis de pommes de terre, et parsemez de quelques gousses d'ail avec leur peau. Pas d'huile, ni d'autre graisse. Le romertopf n'en a jamais besoin. Pas d'eau, non plus. Le romertopf en a bu assez en faisant trempette.

Farcissez le poulet avec deux gousses d'ail épluchées, et le citron coupé en tranches. Posez-le sur les légumes. Assaisonnez (j'ai utilisé un mélange d'épices pour volaille qui contient divers piments, de la tomate séchée et du cumin). Glissez au four froid, à 180 degrés, pour deux heures à deux heures et demie. Mangez, accompagné d'une salade. 




2. La salade de poulet citronnée :
- le reste du poulet
- le reste des pommes de terre
- une ou deux gousses d'ail restantes, fondues
- un jus de citron
- huile d'olive
- 1 cs de mayonnaise
- 1 cs de moutarde à l'ancienne (avec les grains)
- sel et poivre
- quelques poignées de rucola


Enlevez (avec les doigts, c'est le plus simple) tous les morceaux de blanc du poulet restant. Effilez les en longueur. Laissez de côté les os et la peau. Coupez grossièrement les pommes de terre. Pressez l'ail. Assaisonnez avec les autres ingrédients. Mélangez. 
Hachez grossièrement la rucola, servez un lit de salade avec votre salade de poulet. Mélangez avant de déguster, c'est meilleur.



3. Le bouillon de volaille :
- la carcasse du poulet, la peau, le fonds d'oignon, les zestes du citron
- 2 feuilles de laurier
- du sel
- une dizaine de grains de poivre


Lancez le tout dans une grande casserole. Recouvrez d'eau. Portez à ébullition puis laissez cuire à feu doux pendant deux heures au moins. Trois-quatre heures, c'est mieux. Passez dans une passoire assez fine. Conservez le bouillon au congélateur, pour une autre recette, un autre jour.

jeudi 21 mai 2009

c'est drôle, j'y ai pensé hier...

C'est drôle, j'y ai pensé hier. En fumant une cigarette dans la cuisine de l'école où je passe mes journées. J'ai regardé la ciboulette qui pousse entre les gravillons, sur le toit. Elle est en fleurs depuis déjà une semaine. Je me suis souvenue d'un de mes premiers billets. Et je me suis dit que ça devait y être bientôt. Et, en fait, ça y était hier, justement. Un an de betterave urbaine.

Evidemment, ça tombe au printemps. Je suis une fille d'avril, née d'une fille d'avril. Mon frère et ma grand-maman sont du mois de mai. Cette année, ils ont tous les trois un chiffre à zéro. Ce qui fait que de dimanche en dimanche, on fête des anniversaires, depuis Pâques. Parce qu'évidemment tout ça est un peu recomposé. Alors parfois on reprend les mêmes, ou alors les autres, on invite des amis, on en fait un petit dîner, ou un grand pique-nique. 

D'une fois à l'autre chacun prend en charge un dessert, un plat, une entrée, ou alors un apéritif. Comme ces petits légumes farcis en trio : tomates olivettes à l'ail des ours ; champignons aux tomates séchées ; endives façon hoummos. L'apéritif était prévu pour une dizaine de personnes, mais c'est sûr que les retardataires en ont eu moins.

Pour une quarantaine de tomates olivettes :

- 1/2 botte d'ail des ours
- 100g de ricotta
- 1 cc d'huile de courge
- sel de guérande
- les tomates olivettes

Hachez grossièrement l'ail des ours. Déposez le au mixer avec les autres ingrédients, mixez brièvement. Lavez et coupez dans la longueur vos tomates (on a constaté à l'usage que ne pas les couper entièrement, les laisser attachées par un filet de peau, permettait de les faire tenir plus facilement une fois farcies). Déposez dans chacune une cuillère à café de la préparation.

Pour une trentaine de petits champignons de Paris :

- 15 feuilles de basilic
- une poignée de rucola (une dizaine de feuilles)
- 15 tomates séchées à l'huile, égouttées
- 150g de fromage italien (asiago pour moi, ça peut être du parmesan ou du pecorino)
- 1 tombée d'huile d'olive
- les champignons, choisis petits et réguliers

Retirez le pied des champignons de Paris. Grattez la terre éventuelle. Coupez grossièrement les tomates séchées, le basilic, la rucola. Passez le tout au mixer, jusqu'à obtenir une sorte de pesto, pas trop fin. Ajoutez le fromage italien râpé, mixez à nouveau. Si la consistance est trop sèche, assouplissez-la avec une tombée d'huile d'olive. Garnissez les champignons.

Pour cinq petites endives :

- 2 poignées de pois chiches ou une boîte
- 1 citron
- 1 bouquet de persil plat
- huile d'olive, sel, poivre
- les endives, choisies bien fermes et petites

Laissez tremper les pois chiches la veille, puis faites les cuire une heure. Ou, ouvrez la boîte et rincez-les. Une fois cuits, passez-les au mixer avec le persil plat effeuillé, le jus du citron, et son zeste râpé, une tombée d'huile d'olive. La masse doit rester un peu grumeleuse, ne pas se transformer en crème. Assaisonnez à volonté.  Coupez la base des endives, et garnissez chaque feuille de pâte de pois chiches. 

La farce de tomates séchées se mariera très bien aussi avec les endives, si il vous en reste.

Un plat parfait pour emporter, à condition de transporter les préparations dans des boîtes, et d'arriver en avance pour farcir les légumes dans la cuisine de votre gentille hôtesse...

Sur ce, je retourne dans ma cuisine, j'ai (encore) un dessert à préparer pour un anniversaire.

mardi 14 octobre 2008

pâtes fraîches au thon cru, se souvenir de donna hay

Il était un temps, j'étais libraire. Pas encore spécialement intéressée par la cuisine, j'ai découvert à cette époque-là la variété des possibles grâce aux papotages de mes collègues, mais aussi en feuilletant les ouvrages du rayon culinaire, de la cuisine italienne au Larousse gastronomique, du répertoire de cuisine suisse aux recettes subtiles des grands chefs.

Evidemment tout ça, c'était au tout début d'Internet, avant que les fichiers numériques n'aient remplacés ces bons vieux films à trous-trous, avant que chacune et chacun puisse confier ses secrets à tous en quelques clicks, avant l'invention du cuisinier-label genre Jamie Truc et Cyril Machin, quand les fiches recettes de Elle étaient encore jaunes comme une photo de soir d'hiver...

Un beau jour, Donna Hay est arrivée sur les rayons. Donna Hay, c'était la cuisine jolie dans un livre pas trop cher. C'était la fusion encore pas trop absurde. C'était la Betty Bossi des 20-40 ans (référence suisse, désolée pour les autres). C'était les photos prises de tout près et un peu floues par zones, mais tellement plus gourmandes qu'avant. C'est encore je crois, le livre le plus sale de nos cuisines, à mon amie D. et à moi. Et c'est probablement à elle qu'on doit l'achat de ce moule à muffins qui encombre nos placards depuis dix ans, et qu'on vient juste de ressortir parce qu'on est enfin dé-dégoûtées de tous ces apéros pâteux des années nonante.

Je fréquente moins les librairies, du moins je n'y vis plus quarante heures par semaine. Je suppose que Donna Hay a continué sa production, elle a forcément un site que je découvre en rédigeant ce billet.

Et je réalise encore quelques-unes des recettes de son tout premier livre traduit (où était-ce le deuxième ?). Comme par exemple ces pâtes fraîches au thon, parfaites pour un repas à la fois rapide, et classe.

Pour trois travailleurs de la fin des années nonante :

- 500g de pâtes fraiches
- 400g de thon très frais (préciser au poissonnier que c'est pour le manger cru)
- 2 citrons verts
- 150 g de parmesan (pas râpé, un morceau)
- 3 cs d'huile d'olive + 2 cc de peperoncini (ou de l'huile pimentée)
- 100g de rucola (la roquette, mais en Suisse on utilise son nom italien)

Coupez le thon en gros cubes. Chauffez l'huile dans une poêle, avec les peperoncini, puis filtrez-la pour ne gardez que le goût pimenté et ne pas vous arracher le palais. Lavez et hachez grossièrement la rucola. Faites des copeaux de parmesan, à l'aide d'un épluche-légumes ou d'un couteau très coupant. Pressez les citrons verts. Gardez chacun de ces ingrédients séparément.

Faites chauffer l'eau des pâtes, et lancez-y vos pâtes fraiches 2 minutes et pas plus, qu'elles restent al dente. Egouttez-les, et versez-les dans un plat. Mélangez-y le citron, la rucola, l'huile et au tout dernier moment, les morceaux de thon. Servez et parsemez chaque assiette des copeaux de fromage.


Le thon cuit instantanément à l'extérieur, grâce à la chaleur des pâtes et au jus de lime. Le mariage des goûts et à la fois simple et original. Bref, c'est toujours réussi, dix ans plus tard.