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samedi 20 juin 2009

sous les arbres, un cheesecake limette et chocolat blanc

Le soleil était chaud ce jour-là. Heureusement, les vieux arbres du parc nous abritaient, et nous avons pu nous installer sur ce gazon frais toute l'année, protégé depuis si longtemps par leurs vieilles branches.

Il y avait de la famille, et des amis. Un bien vieil ami, parmi eux, et cette douce toute petite fille qui lui ressemble tellement. J'ai été heureuse de la rencontrer, de découvrir un peu sa maman, et de fermer et d'ouvrir pour elle une brique de thé froid une bonne centaine de fois, juste parce qu'elle avait décidé que ce jour-là, c'est ce "click" qui lui ferait plaisir.

Le lac était parfait en fin de journée, une fois les cakes salés et gâteaux un peu digérés, pour se donner le courage de reprendre la route. Dans ces premiers moments d'été où il faut encore un peu se pousser pour entrer, glisser dans l'eau l'espace fatidique entre le haut et le bas du maillot de bain, puis où l'on a envie d'y rester barboter pendant des heures. Encore des nappes de pollen sur les rives. Nager un peu, contempler le ciel, et les quais de plus loin. Revenir, s'ébrouer, se sécher sur le mur chaud, paisiblement, à distance du groupe, avant de revenir sur les couvertures.

On fêtait les trente ans du frangin ; mais le sucre glace fond si vite sur le cheesecake qu'on a même pas essayé d'y dessiner un chiffre ; il y avait déjà ces bougies rigolotes mais un peu moches plantées sur une tarte aux framboises pour rappeler l'occasion. 

Cheesecake limette-chocolat blanc, pour un moule à charnière de 20 cm de diamètre :

- un paquet de palets bretons au chocolat (125g moins un de mangé)
- 50g de beurre fondu
- 1 paquet de Philadelphia (200g)
- 1 pot de ricotta (250g)
- 1 pot de séré demi-gras (250g)
- 3 oeufs
- une plaque de chocolat blanc (100g)
- 3 limes (citrons verts)
- 50g de sucre

Mixer les biscuits au chocolat avec le beurre fondu. Ecrasez-les au fonds du moule à charnière (préalablement protégé d'une feuille de papier à four) , tassez à l'aide d'un verre. Déposez le moule au frigo le temps de préparer la masse.
Préchauffez le four à 180 degrés. Faites fondre le chocolat blanc au bain marie, à feu doux.
Râpez les zestes des limettes, pressez les fruits. Gardez la moitié du zeste au frais, pour la décoration le lendemain. Battez les oeufs au fonds d'un grand saladier. Ajoutez-y l'autre moitié des zestes, le jus de citron vert, les trois fromages, puis le chocolat fondu. Sucrez.

Versez la masse dans votre moule, sur les biscuits. Glissez au four pour une bonne heure de cuisson à feu doux (180 degrés). Laissez refroidir dans le four. Réfrigérez au moins vingt-quatre heures avant de déguster.


Note 1 : Mon cheesecake a coloré vers le brun, moins chic qu'un traditionnel cousin américain. L'ai-je cuit trop longtemps ? Est-ce que la ricotta a cet effet (je me souviens de gâteaux à la ricotta souvent dorés) ?

Note 2 : Ce mélange de fromages est fruit du destin ; un seul paquet de Philadelphia restait dans le frigo du supermarché - tous les autres étaient parfumés aux herbes fraiches, peu adéquat pour un dessert ; j'ai donc improvisé. Pour toute question sur les bases du cheesecake, je vous renvoie à Loukoum et sa petite leçon.

Note 3 : Si vous voulez découvrir d'autres cheesecakes de la betterave, il y en a ici et .

jeudi 21 mai 2009

c'est drôle, j'y ai pensé hier...

C'est drôle, j'y ai pensé hier. En fumant une cigarette dans la cuisine de l'école où je passe mes journées. J'ai regardé la ciboulette qui pousse entre les gravillons, sur le toit. Elle est en fleurs depuis déjà une semaine. Je me suis souvenue d'un de mes premiers billets. Et je me suis dit que ça devait y être bientôt. Et, en fait, ça y était hier, justement. Un an de betterave urbaine.

Evidemment, ça tombe au printemps. Je suis une fille d'avril, née d'une fille d'avril. Mon frère et ma grand-maman sont du mois de mai. Cette année, ils ont tous les trois un chiffre à zéro. Ce qui fait que de dimanche en dimanche, on fête des anniversaires, depuis Pâques. Parce qu'évidemment tout ça est un peu recomposé. Alors parfois on reprend les mêmes, ou alors les autres, on invite des amis, on en fait un petit dîner, ou un grand pique-nique. 

D'une fois à l'autre chacun prend en charge un dessert, un plat, une entrée, ou alors un apéritif. Comme ces petits légumes farcis en trio : tomates olivettes à l'ail des ours ; champignons aux tomates séchées ; endives façon hoummos. L'apéritif était prévu pour une dizaine de personnes, mais c'est sûr que les retardataires en ont eu moins.

Pour une quarantaine de tomates olivettes :

- 1/2 botte d'ail des ours
- 100g de ricotta
- 1 cc d'huile de courge
- sel de guérande
- les tomates olivettes

Hachez grossièrement l'ail des ours. Déposez le au mixer avec les autres ingrédients, mixez brièvement. Lavez et coupez dans la longueur vos tomates (on a constaté à l'usage que ne pas les couper entièrement, les laisser attachées par un filet de peau, permettait de les faire tenir plus facilement une fois farcies). Déposez dans chacune une cuillère à café de la préparation.

Pour une trentaine de petits champignons de Paris :

- 15 feuilles de basilic
- une poignée de rucola (une dizaine de feuilles)
- 15 tomates séchées à l'huile, égouttées
- 150g de fromage italien (asiago pour moi, ça peut être du parmesan ou du pecorino)
- 1 tombée d'huile d'olive
- les champignons, choisis petits et réguliers

Retirez le pied des champignons de Paris. Grattez la terre éventuelle. Coupez grossièrement les tomates séchées, le basilic, la rucola. Passez le tout au mixer, jusqu'à obtenir une sorte de pesto, pas trop fin. Ajoutez le fromage italien râpé, mixez à nouveau. Si la consistance est trop sèche, assouplissez-la avec une tombée d'huile d'olive. Garnissez les champignons.

Pour cinq petites endives :

- 2 poignées de pois chiches ou une boîte
- 1 citron
- 1 bouquet de persil plat
- huile d'olive, sel, poivre
- les endives, choisies bien fermes et petites

Laissez tremper les pois chiches la veille, puis faites les cuire une heure. Ou, ouvrez la boîte et rincez-les. Une fois cuits, passez-les au mixer avec le persil plat effeuillé, le jus du citron, et son zeste râpé, une tombée d'huile d'olive. La masse doit rester un peu grumeleuse, ne pas se transformer en crème. Assaisonnez à volonté.  Coupez la base des endives, et garnissez chaque feuille de pâte de pois chiches. 

La farce de tomates séchées se mariera très bien aussi avec les endives, si il vous en reste.

Un plat parfait pour emporter, à condition de transporter les préparations dans des boîtes, et d'arriver en avance pour farcir les légumes dans la cuisine de votre gentille hôtesse...

Sur ce, je retourne dans ma cuisine, j'ai (encore) un dessert à préparer pour un anniversaire.

samedi 17 janvier 2009

deux tartinades express à l'emporter et une digression linguistique

Envie d'amener quelque chose de joli et de bon à cet apéritif entre amis ?
Les fêtes juste terminées, si ça pouvait être autre chose que des chips et du gras, ça vous irait aussi ?
Par contre, il vous restera environ trente minutes pour préparer tout ça et partir ?

Voici deux propositions de tartinades, joliment présentées dans leur tupperware, parce qu'il ne restait pas le temps d'une mise en scène sur pain et que sortir l'appareil chez des amis pour photographier ce que j'amène, je ne m'y suis pas encore faite.

Tartinade. Typiquement ce genre de néologisme que je n'aime pas. C'est dans le Larousse, tartinade ? Pour moi, c'est ce genre de mot inventé par Carrefour, Monoprix ou La Redoute (oui enfin plutôt Carrefour ou Monoprix sur ce coup-là), pour rendre terroir un produit industriel, pour nous faire croire qu'on l'a connu depuis l'enfance et qu'il nous est nécessaire.

C'est aussi ce que j'appellerai un mot "typiquement français". C'est un peu compliqué comme concept. Je parle français, c'est d'ailleurs la seule langue dans laquelle je pense pouvoir m'exprimer de façon cohérente. Mais je parle un français de Suisse. Il me semble parfois un peu plus rude, plus abrupt. Il me semble qu'il s'écoute un peu moins parler. Il n'y a qu'à voir le manque cruel d'éloquence de nos élus pour se rendre compte de ses limites. Et les mots que le marketing lui inventent sont souvent fortement germaniques. Le natel en est l'exemple le plus évident. Donc tartinade, pour moi ça sonne français de France.

N'empêche que pâte à tartiner ça sonne chocolat ; dip ça sonne yaourteux, trop liquide, et bâtonnet de carotte ; donc que oui, ce billet parlera de tartinade quand même.

Première tartinade : betterave et chèvre façon orient

- 2 betteraves déjà cuites
- 1 jus de citron
- 1 cs de poudre de cumin marocain (kamoun)
- 1 fromage de chèvre (petit billy)
- 125g de séré maigre
- sel, poivre
- pousses de radis

Coupez grossièrement les betteraves. Pressez le citron. Mixez. Ajoutez les autres ingrédients. Remixez. Quand vous obtenez une pâte homogène et assaisonnée à votre goût. transfèrez la dans le bol de service (ou le tupperware à l'emporter). Parsemez de pousses de radis. Servez le reste des pousses de radis à côté, à l'apéritif, pour que chacun puisse en ajouter à volonté.

Deuxième tartinade : tomates séchées et thym façon tapenade

- 1 bocal de tomates séchées (270 g)
- 1 bocal de tapenade d'olives noires la plus simple possible, genre 90% d'olives (100 g)
- 125g de ricotta
- 125g de séré maigre
- 1cs de thym séché + pour la déco
- sel, poivre

Egouttez les tomates séchées. Coupez les grossièrement en 4-5 morceaux. Passez les au mixer. Ajoutez les autres ingrédients. Remixez. Mélangez un peu aussi à la cuillère, cela peut être nécessaire pour obtenir la pâte homogène, surtout si comme pour moi votre mixer est un peu petit. Assaisonnez, goûtez. Transférez dans le plat de service et parsemez de thym.

A déguster en se passant le couteau autour d'une table de salon, sur des petits morceaux de pain, blanc ou brun.

mercredi 16 juillet 2008

les myrtilles sont plus photogéniques que les framboises - deux tartes feuilletées


Deux belles et délicieuses tartes, parties d'un état des lieux du frigo : un pot de ricotta et une pâte feuilletée carrée réclament mon attention !

En effet, si je n'en fais pas quelque chose rapidement, ils finiront tristement leur vie de chose comestible emballée dans une poubelle pour cause de date de péremption.

Ca tombe bien, j'ai soupé léger, j'ai un peu de temps, et je bricolerais bien un petit dessert.

Et c'est là que les improvisations commencent... Je décide donc de faire une tarte feuilletée aux framboises et à la rose... :

- 1 pâte feuilletée déjà abaissée
- 3 cs de sucre
- 1 oeuf
- 150g de ricotta
- 3 cs eau de rose
- 150g framboises (surgelées)

plus, au final... :
- 100g myrtilles (surgelées)
- 1 autre cs de sucre
- 100g de ricotta (le reste du pot)

Etalez la pâte feuilletée sur deux plaques, et piquetez le fonds à la fourchette.

(... J'ai eu envie de réaliser deux tartes rectangulaires, d'où une savante installation sur ma grande plaque à gâteau : après avoir coupé le carré de pâte en deux, j'ai posé une frontière-moule à cake au milieu de ma plaque ; sur ce moule, j'ai replié l'une des bordures des deux morceaux de pâte; les autres bordures ont été pliées soit en appui sur les bords de la plaque, soit en appui sur des pièces à découper les biscuits, qui tiennent au four. Mais vous pouvez aussi faire plus simple, étaler votre pâte dans deux moules de votre choix, ronds si vous préférez, enfin débrouillez-vous :-) ...)

Donc, bref, étalez votre pâte de la façon que vous voulez, mais si vous voulez deux tartes comme chez moi, eh bien il vous deux fonds...

Battez l'oeuf avec le sucre, puis avec 150g de ricotta, puis avec l'eau de rose, puis avec les framboises. 

Versez cette préparation sur votre pâte feuilletée (celle que vous aviez divisée en deux parties pour faire deux rectangles, ou deux cercles, ou deux spirales). Réalisez que c'est un peu pauvre en framboises, et même en ricotta. Rassemblez donc l'ensemble des framboises sur l'une des parties.

Gardez un fonds de ricotta à l'oeuf dans votre bol à mélange, et "rallongez" le avec les 100g restants. Trouvez des myrtilles surgelées au fonds de votre congélateur et ajoutez-les. Versez cette seconde préparation sur la pâte feuilletée restante. Saupoudrez de sucre.

Evidemment, vous ne pouvez faire qu'une seule tarte, en doublant les ingrédients d'une des deux parties... vous me suivez toujours ?

Faites cuire au four préchauffé à 200 degrés, pour 35 à 40 minutes.



Découpez-les parts en élégants rectangles (ou... bref!) et dégustez-les. Tiède c'est délicieux. Froid c'est bien aussi. Le goût de rose dans la version à la framboise est très délicat, alors qu'en goûtant et surtout sentant la préparation, je craignais un effet criard et écoeurant. Allez-y donc franchement avec la rose, moins dosée, je pense qu'on ne la retrouverait plus du tout.



Bon, et pourquoi ce titre au billet me direz-vous ? Eh bien si au goût j'aurais eu de la peine à trancher, derrière mon appareil photo, j'ai trouvé les myrtilles bien plus facile à manier que les framboises, cuites ou crues...
et puis... ça sonne pas mal, non, comme titre ?