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lundi 13 avril 2009

primavera façon printemps, un pléonasme à l'ail des ours


Après la dent-de-lion, une autre herbe dont la saison est courte mais heureuse car elle annonce le début des beaux jours : l'ail des ours, qui comme l'animal velu dont elle porte étrangement le nom se trouve dans les forêts. Elle pousse en larges prés au ras du sol, et parfois on la trouve aussi sur les marchés, du moins en Suisse (je crois que c'est plus rare de l'utiliser en France et qu'au Québec elle est même protégée).

L'ail des ours est parfait sur une viande rouge (de l'agneau par exemple), cuit en soupe, haché simplement dans une salade, et se conserve facilement en pesto, avec de l'huile d'olive et des pignons ou noix, amandes, graines de courge, etc.

Pour utiliser une partie du joli bouquet trouvé dans mon panier, j'ai opté pour un petit plat de pâtes improvisé, pour un repas vite fait bien fait.

Pour deux personnes :
- 350g de farfalle
- 4 tomates
- 1/2 bouquet d'ail des ours
- un morceau de parmesan
- huile d'olive, sel, fleur de sel

Faites cuire les farfalle al dente dans l'eau salée. Hachez la tomate en dés, et ciselez l'ail des ours. Arrosez le mélange d'un filet d'huile d'olive. 

Taillez le parmesan en copeaux grossiers. Servez tout simplement les pâtes sur assiette avec le mélange tomates-huile-ail des ours, et parsemez de copeaux de fromage. Mélangez rapidement pour garder la chaleur. Parsemez de fleur de sel.


Cette recette rappelle, dans ses parfums, les pâtes primavera, plus estivales, que je fais lorsque les tomates sont meilleures (mais que la saison de l'ail des ours est achevée).

mardi 14 octobre 2008

pâtes fraîches au thon cru, se souvenir de donna hay

Il était un temps, j'étais libraire. Pas encore spécialement intéressée par la cuisine, j'ai découvert à cette époque-là la variété des possibles grâce aux papotages de mes collègues, mais aussi en feuilletant les ouvrages du rayon culinaire, de la cuisine italienne au Larousse gastronomique, du répertoire de cuisine suisse aux recettes subtiles des grands chefs.

Evidemment tout ça, c'était au tout début d'Internet, avant que les fichiers numériques n'aient remplacés ces bons vieux films à trous-trous, avant que chacune et chacun puisse confier ses secrets à tous en quelques clicks, avant l'invention du cuisinier-label genre Jamie Truc et Cyril Machin, quand les fiches recettes de Elle étaient encore jaunes comme une photo de soir d'hiver...

Un beau jour, Donna Hay est arrivée sur les rayons. Donna Hay, c'était la cuisine jolie dans un livre pas trop cher. C'était la fusion encore pas trop absurde. C'était la Betty Bossi des 20-40 ans (référence suisse, désolée pour les autres). C'était les photos prises de tout près et un peu floues par zones, mais tellement plus gourmandes qu'avant. C'est encore je crois, le livre le plus sale de nos cuisines, à mon amie D. et à moi. Et c'est probablement à elle qu'on doit l'achat de ce moule à muffins qui encombre nos placards depuis dix ans, et qu'on vient juste de ressortir parce qu'on est enfin dé-dégoûtées de tous ces apéros pâteux des années nonante.

Je fréquente moins les librairies, du moins je n'y vis plus quarante heures par semaine. Je suppose que Donna Hay a continué sa production, elle a forcément un site que je découvre en rédigeant ce billet.

Et je réalise encore quelques-unes des recettes de son tout premier livre traduit (où était-ce le deuxième ?). Comme par exemple ces pâtes fraîches au thon, parfaites pour un repas à la fois rapide, et classe.

Pour trois travailleurs de la fin des années nonante :

- 500g de pâtes fraiches
- 400g de thon très frais (préciser au poissonnier que c'est pour le manger cru)
- 2 citrons verts
- 150 g de parmesan (pas râpé, un morceau)
- 3 cs d'huile d'olive + 2 cc de peperoncini (ou de l'huile pimentée)
- 100g de rucola (la roquette, mais en Suisse on utilise son nom italien)

Coupez le thon en gros cubes. Chauffez l'huile dans une poêle, avec les peperoncini, puis filtrez-la pour ne gardez que le goût pimenté et ne pas vous arracher le palais. Lavez et hachez grossièrement la rucola. Faites des copeaux de parmesan, à l'aide d'un épluche-légumes ou d'un couteau très coupant. Pressez les citrons verts. Gardez chacun de ces ingrédients séparément.

Faites chauffer l'eau des pâtes, et lancez-y vos pâtes fraiches 2 minutes et pas plus, qu'elles restent al dente. Egouttez-les, et versez-les dans un plat. Mélangez-y le citron, la rucola, l'huile et au tout dernier moment, les morceaux de thon. Servez et parsemez chaque assiette des copeaux de fromage.


Le thon cuit instantanément à l'extérieur, grâce à la chaleur des pâtes et au jus de lime. Le mariage des goûts et à la fois simple et original. Bref, c'est toujours réussi, dix ans plus tard.

jeudi 31 juillet 2008

un pesto goûtu citron pistaches et pecorino... fumé !


Ca y est, j'y suis ! J'ai tout bien rangé mon bureau, j'ai posté mon travail de dramaturgie, j'ai répondu à tous les emails en attente, bref, je suis en vacances !

Le programme se fait lumineux : un petit week-end en campagne, au bord d'un petit lac, pour la fête nationale et avec plein d'amis, puis le départ pour un mois ailleurs, un mois berlinois, un mois de vie quotidienne autrement, et plus doucement.

Pour fêter ça et pour fêter le soleil, une petite recette d'un somptueux pesto. Les ingrédients, pour... un bol de pesto :

- 140g de pistaches vertes, non salées et non grillées
- 1 généreux bouquet de basilic
- 2 citrons non traités
- 1 dl d'huile d'olive + 1 filet final
- 1 gousse d'ail
- 50g de pecorino fumé
- un peu de sel

J'ai jusque là toujours fait cette recette avec du pecorino classique, et j'en mettais en peu plus ; mais l'autre jour, au stand de fromages italiens, un jeune homme souriant m'assure que pour le pesto, c'est bien mieux de prendre celui-là plutôt que l'autre... alors, moi, je dis oui.

C'est comme ça que je me suis retrouvé avec ce magnifique pecorino, au bon goût fumé, assez fort et salé, qui effectivement s'est avéré très bon dans mon pesto, mais qui change pas mal la recette. D'un petit pesto frais et délicat, mon pesto de pistaches au citron inspiré à la base de celui de Loukoum, s'est transformé en une substance de fort caractère, à doser plus parcimonieusement.

Donc, la recette :

Râpez le zeste des deux citrons, pressez le jus d'un seul et la gousse d'ail. Jetez tout ça avec le basilic, les pistaches, le décilitre d'huile d'olive dans un mixer. Vroumez 4-5 fois, jusqu'à obtenir la consistance idéale d'un pesto. 

Râpez le pecorino, et mélangez-le avec le reste. Salez si nécessaire. Quand les ingrédients sont bien mélangés, arrosez d'un filet d'huile d'olive et conservez au frais. Sortez le un peu avant de le consommer, pour qu'il prenne une température ambiante.

Nous avons mangé une partie de ce pesto sur des penne, pour quatre personnes ; avec le reste, j'ai assaisonné une salade de tomates bien mûres, pour deux personnes, et c'était vraiment bien.

mercredi 23 juillet 2008

les vraies spaghetti primavera pour un soir de simplicité

Deux petits garçons, l'un qui est mon très cher filleul et l'autre qui est son petit frère qui dorment dans le bureau, aménagé pour l'occasion en dortoir d'enfants. Une semaine de folie, entre les différents dossiers à boucler avant de partir en vacances, le mémoire en dramaturgie à revoir, des entretiens d'embauche à faire pour un certain festival que j'ai l'honneur de vice-présider, et tout plein de belles soirées d'été à partager avec des amis. Un mercredi soir où c'est sur, l'on ira se coucher tôt.

Mais avant, un petit moment pour partager cette recette simplissime et classique de nos classiques, les spaghetti primavera, les vraies.

Pour deux adultes un peu fatigués :

- les 2/3 d'un paquet de spaghetti (soit... 333g )
- 2 belles et bonnes tomates, par exemple des coeur de boeuf
- 2 belles gousses d'ail nouveau (si ce n'est pas la saison, de l'ail tout court)
- de l'huile d'olive, du sel, du poivre
- du basilic, en option



Faites bouillir une grande casserole d'eau salée et huilée, jetez-y les spaghetti. Pendant qu'ils cuisent, coupez vos tomates en morceaux grossiers, et pressez l'ail sur les tomates. Salez et poivrez. A part, ciselez le basilic.

Egouttez les pâtes dès qu'elles sont al dente, arrosez les d'un filet d'huile d'olive, ajoutez vos tomates et votre ail, mélangez.



Servez sans attendre dans deux assiettes, et dégustez en tête-à-tête, ou devant un dvd qui vous reposera un peu.



Si vous le souhaitez, parsemez de basilic haché. En aucun cas de parmesan ni de mozzarella, les vraies spaghetti primavera se dégustent fraîches et le plus nature possible.

lundi 2 juin 2008

pesto épinards noix de cajou ou la cuisine à l'avance d'une femme qui court II


Toujours dans la perspective : cuisiner dans les moments cools des petits plats vite mis en place dans les soirées où l'on arrive en last minute, je suis une grande fan du pesto. Facile à faire, toujours chic, on peut en imaginer chaque fois un nouveau selon l'envie du moment ou le contenu du placard.

Cette semaine, mon panier du flon contenait deux sacs d'épinards, tout jeunes et frais. Une partie, après un séjour dans le cuit-vapeur, a très bien accompagné des petits filets de rouget. Puis j'ai décidé de faire du reste un pesto de saison.

Donc :
- 200g environ de jeunes épinards, triés et lavés
- 200g de noix de cajou
- 1 petit bouquet de basilic
- 150g environ de queso manchego
- de l'huile d'olive

Avant tout, il est indispensable de poêler les noix de cajou, à sec. Une opération à surveiller, en les remuant de temps en temps, les graines en tout genre ça peut brûler très vite.

Passez les ensuite au mixer, avec les épinards et le basilic et un peu d'huile, jusqu'à obtenir une masse grossière. Moi j'aime bien un certain croquant pour ce type de pesto doux. Ajoutez le fromage râpé, et de l'huile d'olive jusqu'à ce que la consistance soit assez onctueuse. Il doit y en avoir 2-3 dl en tout.

Pourquoi du queso manchego ? Ce pesto est très doux, il me semblait judicieux d'y intégrer un fromage de brebis ou de chèvre, plutôt qu'un parmesan. Plus de pecorino en rayon, j'ai donc opté pour le "fusion" et ai choisi ce fromage espagnol qui a très bien fait l'affaire.

Arrosé d'huile et couvert, le pesto a passé la nuit au frigo, et je l'ai ressorti assez tôt pour qu'il prenne la température ambiante. 

J'ai laissé chacun se servir selon sa gourmandise, sur des assiettes de penne al dente, avec des rainures pour que la sauce s'incruste bien sur les pâtes. 

Un peu de parmesan fraîchement râpé, un tour de moulin à poivre, et un goût top délicat. Miam.