vendredi 28 novembre 2008

des oeufs cocotte à l'espelette

Il me restait un peu de soupe à la salade - dite soupe de shrek. J'avais envie d'un petit "avec" bon à manger, rapide à cuisiner, joli à présenter et... réalisable avec le contenu du frigo.


Croisant un poivron rouge, je me suis rappelée du joli aspic d'Estèbe qui en croisillait des lanières sous un oeuf au jaune coulant.

Moi je ne suis pas douée en oeufs pochés, et l'aspic n'entrait vraiment pas dans mon délai idéal, mais ça m'a inspiré des oeufs cocotte tout simples et néanmoins colorés au palais.

Pour 2 mangeurs de soupe qui ont envie d'égayer un peu l'assiette :
- 2 beaux oeufs - 4 petits iraient aussi
- 1 poivron rouge
- 50g de lardons
- de l'huile d'olive
- du piment d'espelette
- du sel
- un filet de crème

Coupez le poivron en lanières et faites le revenir à la poêle avec un peu d'huile, jusqu'à ce qu'il soit tendre. Lorsqu'il commence à être cuit, ajoutez les lardons, et à la toute fin un filet de crème. Epicez le tout au piment d'espelette aussi généreusement que vous aimez le piquant.

Huilez des ramequins individuels - chez moi ce sont des bols transparents qui vont au four.

Répartissez le poivron et les lardons au fonds des bols. Cassez délicatement un oeuf dessus.


Déposez les petits récipients dans un plat plus grand, rempli d'eau.


Glissez au four chaud, 180 degrés, pour huit-dix minutes environ, ça dépend de votre four mais l'idée est que le blanc prenne et que le jaune reste coulant.


Saupoudrez d'un peu de piment d'espelette supplémentaire, et de sel. Mangez tout de suite avec par exemple une soupe, et si elle est verte c'est joli.

dimanche 23 novembre 2008

la soupe à la salade et l'île de shrek


L'autre jour dans mon panier, bien varié pour un mardi de novembre, trônait une magnifique laitue. Avec la température, une petite soupe me faisait bien envie, mais j'étais un peu lassée des mélanges carottes-chou-pommes de terre, j'avais la flemme de peler les chous-raves. J'ai donc observé cette laitue du coin de l'oeil, fait quelques recherches sur internet, et me suis décidée à tester une simplissime et réconfortante soupe à la salade.


Pour une casserole de soupe, soit deux repas et des restes :
- 1 laitue
- 3 pommes de terre
- 1 échalotte
- du bouillon de légumes
- un peu de lait
- un peu d'huile et du sel

Faites revenir l'échalotte dans un peu d'huile (d'olive par exemple). Pendant ce temps, lavez la laitue et coupez la en quatre dans la longueur, puis en lanières de un centimètre de large (environ, de toute façon tout ça finira au mixer). Ajoutez-la aux échalottes devenues transparentes. Epluchez les pommes de terre et coupez les en morceaux, jetez-les dans la même casserole, mélangez. Couvrez d'eau, ajoutez un peu de bouillon, laissez cuire. Quand les pommes de terre sont cuites, passez le tout au mixeur, assez longuement, qu'il n'y aie plus de fibres.
Remettez sur le feu en mélangeant, avec une tombée de lait, salez si nécessaire.

Dégustez en entrée ou avec par exemple, des oeufs cocotte, pour un petit repas léger.


Et Shrek dans tout ça ? Et l'île ?

En mixant la soupe pendant quelques minutes, mon esprit flânait, emporté par la magnifique couleur verte que prenait peu à peu le contenu de la casserole...

Il s'est envolé vers un séjour sur l'Ile d'Aix, au large des Charentes-Maritimes. Nous passions des vacances dans cette étonnante région, entre ruralité et bord de mer, avec mon jules de l'époque et la petite famille de nos amis. Quittant pour la journée la maison isolée dans les champs de tournesols, nous étions partis en voiture, avions roulé jusqu'à un port, pris un bateau.
De ce bateau, nous avions aperçu, au loin, le Fort Boyard du Père Fouras. J'étais presque surprise qu'il existe en vrai, et de ne pas voir en sauter des sportifs en combinaison moulante, de ne pas entendre rugir les tigres et sonner des kilos de pièces d'or...
Sur le bateau, des familles, des touristes en K-way, venus pour la journée visiter l'île. Quelques marchandises, aussi. Et un chariot en bois, sorte de brouette sur lequel trônait un gros carton contenant une pellicule de cinéma... Sur le carton, au feutre noir épais, c'était écrit "Shrek". Je trouvais fou de voir ce géant vert de livre d'enfant venir par bateau sur une petite île perdue, si près du fort de mes soirées télé d'enfant...

Nous étions invités pour le midi chez des amis de nos amis. Nous avons mangé dans un beau jardin, éloignés du flot des touristes. Dans l'après-midi, notre hôte nous a proposé de rester. Mon jules et moi avons accepté la proposition, laissant la petite famille repartir avec le bateau du soir. Chacun avait un peu besoin de se retrouver, ce jour là. Notre hôte nous a prêté une chambre et des vélos, avec simplicité et générosité.

L'île s'était vidée, les non-résidents, les vacanciers d'ailleurs étaient repartis avec le dernier bateau. Nous parcourions les rues désertes et le bord de mer dans tous les sens, roulant dans le vent. C'est fou le silence d'un lieu sans voitures, au milieu de l'eau.

Au détour d'une ruelle, nous sommes tombés sur le cinéma. Le film était annoncé pour 20h. Et c'est dans une salle étrange, entre salle des fêtes et grenier de pierre, avec des chaises dépareillées, des vieux rideaux autour de l'écran, que nous avons assisté aux aventures de Shrek, le sympathique géant dégoûtant. La salle était pleine d'enfants, qui riaient et hurlaient aux éclats à chacune des apparitions du machiavélique chat botté aux yeux doux.

A la sortie, la nuit était tombée et l'île encore plus calme. Nous avons mangé, une mauvaise pizza je crois, et sommes allés nous coucher chez ces accueillants inconnus.

Et voilà comment une soupe de laitue un soir d'hiver m'a ramené là-bas, par la force hypnotique du mixeur et quelques associations d'idées surprenantes...

dimanche 16 novembre 2008

pain perdu aux pommes parce que le dimanche, on déjeune plus tard


Mon dernier billet vous faisait part de mes habituelles difficultés matinales, et d'une petite solution pour ne pas partir travailler le ventre vide.

Or, aujourd'hui c'est dimanche, et le matin est tout différent : malgré nos insomnies fréquentes ces temps qui nous poussent hors du lit même les jours de congé, nous avons réussi à nous rendormir. Puis à traîner un peu. Puis à lire le journal au lit. Puis à rester trop longtemps sous la douche. Puis à préparer quelque chose de bon pour un petit déjeuner / dîner / quatre heures : du pain perdu aux pommes.


Pour deux qui sortent d'une longue et salutaire grasse matinée :

- 4 à 6 tranches de pain un peu rassis (type campagne, le mien était à l'épeautre et avait trois jours)
- 2 belles pommes à cuire
- 2 noix de beurre
- 2.5 dl de lait
- 3 cs de sucre
- 1 cc d'essence de vanille
- 1 oeuf

Dans une poêle, faites fondre une noix de beurre. Pelez les pommes, enlevez le coeur, coupez les en quartiers. Faites les revenir doucement dans le beurre. Saupoudrez sur les fruits la première cuillère de sucre en poudre. Laissez cuire en remuant de temps en temps, jusqu'à ce que les pommes soient bien fondantes.
Mélangez le reste du sucre, l'essence de vanille et le lait dans un premier bol. Battez l'oeuf dans un second. Faites fondre l'autre noix de beurre dans une autre poêle. Trempez chaque tranche de pain dans le lait sucré, puis dans l'oeuf. Faites les cuire à la poêle environ dix minutes, en retournant les tranches à mi-parcours. Elles doivent être bien dorées, voire un peu brunes.

Servez dans deux assiettes le pain perdu, et recouvrez avec les pommes.


Dégustez avec une bonne tasse de thé Earl Grey, dans la paix du dimanche matin.

Et avec un jour de retard, j'envoie cette recette à Flo Bretzel pour son jeu Petit déjeuner compris.

vendredi 7 novembre 2008

pour le petit déjeuner, des muffins santé avoine et pommes ou bananes, carottes, fruits secs...


Le petit déjeuner c'est pas mon truc. En général, j'ai traîné au lit le plus longtemps possible et j'ai à peine gardé le temps d'une douche et d'un coup de brosse avant de partir travailler. C'est comme ça depuis toujours, le matin est difficile, tous les matins. Pour dire, je prépare encore mes habits la veille avant d'aller me coucher, comme le faisait ma maman, parce que je sais que sinon, c'est encore un peu de temps en moins dans les plumes.

En plus, rien ne me fait envie. J'aurais faim, si je prenais la peine d'écouter mon estomac, mais l'idée même d'ouvrir le frigo, de prendre quelque chose, de porter une cuillère à ma bouche, de mordre... ça m'épuise et ça m'écoeure.

Les bons jours, je prends une tasse de thé. Earl grey, voire une tisane aux épices. Parfois même, un yoghourt. Dans les cas extrêmes (cours à donner, méga journée, séance difficile), j'y mets des céréales.

Or, tous les nutritionnistes, toutes les mères attentionnées, tous les magazines féminins et même les masculins vous le diront : il faut petit-déjeuner.

Une solution est d'avoir à la maison une série de muffins faciles à mâcher, vite avalés, et transportables aisément dans un sac à main (enfin, prenez quand même une boîte ou du papier d'alu). J'en fais une série, les garde dans une boîte hermétique, les déguste avec ma tasse de thé, ou aux dix heures, voire aux quatre heures.

Le Elle à table de septembre-octobre en proposait une chouette recette, vite faite et bien faite, santé et savoureuse : les muffins de flocons d'avoine aux pommes.

Je me suis empressée de les réaliser... Et pour tout vous dire, à l'heure où je vous écris, une seconde fournée adaptée cuit dans mon four...

Pour une plaque de muffins (12 chez moi, 20 chez Elle) :

- 50g de flocons d'avoine
- 100g de farine mi-blanche (complète chez Elle)
- 1 sachet de levure
- 4 cs de sirop d'agave (100g de sucre roux chez Elle)
- 2 oeufs
- 10 cl d'huile de colza
- 1 cc d'essence de vanille
- 2 pommes

Préchauffez le four à 180 degrés. Mélangez dans un premier saladier les poudres : flocons, farine, levure, sucre. Moi j'y mets aussi le sirop d'agave et l'essence de vanille, ça se mélange bien. Faites une fontaine au milieu de la masse.
Mélangez dans un second plat les oeufs battus, et l'huile. Incorporez dans la fontaine.

Pelez et râpez les pommes. Ajoutez-les à la préparation. Versez dans les moules à muffins.

Vous pouvez saupoudrez les muffins, idéalement après 5 minutes de cuisson, d'un peu de sucre brun. La cuisson totale est de vingt minutes environ.

Pour ceux qui cuisent en ce moment, j'ai adapté la recette pour changer un peu :

J'ai séparé la masse en deux parties. Dans l'une, j'ai remplacé la pomme par une belle carotte râpée fin, cinq dattes hachées, un peu de cannelle. Dans la seconde, c'était une banane coupée en tous petits morceaux, et soixante grammes de chocolat noir haché. J'ai saupoudré les premiers muffins de sucre brun, les seconds de cacao en poudre.

A reprendre en fonction des ingrédients qui vous plaisent, du temps qu'il fait, de vos envies saisonnières...

D'autres recettes pour amortir votre moule à muffins ? Ici et , il y en a.

Note/mise à jour : In extremis, je poste cette recette à l'invitation de Flo Bretzel : petit déjeuner compris, le jeu

dimanche 2 novembre 2008

sunny-cheesecake pour UM


UM est née en septembre, a fêté ses trente ans en octobre, et verra la recette de son gâteau d'anniversaire paraître en novembre. Parfois, les choses prennent plus de temps que prévu.

Evidemment, pour cette belle et grande fête, nous étions quelques-unes à nous partager la responsabilité du chariot des desserts. J'ai décidé de réaliser un cheesecake, gâteau idéal quand il y a beaucoup de monde, vu le poids moyen de chaque tranche. Je me suis promenée via mon clavier chez quelques spécialistes du sujet, et me suis finalement décidée pour une recette de Claude-Olivier.

Ses arguments : allier le sirop de sureau aux framboises, deux goûts que j'adore. Et proposer une masse à base de séré, ce que j'ai voulu essayer, mais pas encore osé, depuis que j'ai découvert le cheesecake. En effet, le fromage à trademark comme ingrédient principal, ça me déprime un peu.

Par contre, contrairement à mon inspirateur, je n'ai pas réussi à réaliser une jolie forêt de framboises sur mon gâteau. Parce que la saison des framboises fraiches est terminée et que mes framboises congelées, après leur séjour de décongélation dans ma vieille passoire en métal, avaient vraiment une sale tête. J'ai donc opté pour un simple glaçage au fromage à trademark, et sirop de sureau.

Pour un beau cheesecake (moule à charnière rond, diamètre 20 cm) :

le fonds :
- 180g de biscuits sablés au beurre
- 1 demi-citron (le jus)
- 50g de beurre
la masse :
- 250g de séré maigre
- 150g de séré entier
- 125g de séré demi-gras
- 3 oeufs
- 70g de sucre
- 100g de framboises surgelées
- 50 ml de sirop de sureau
- 1 demi-citron vert (le zeste)
le glaçage :
- 3-4 cs de Philadelphia
- 1 dl de crème liquide
- sirop de sureau (au goût)

Préchauffez le four à 200 degrés. Faites fondre le beurre à feu doux. Réduisez les biscuits en miettes au mixer, et mélangez-y le jus du demi-citron, puis le beurre fondu. Protégez le fonds du moule à charnière d'un papier sulfurisé, beurrez les bords. Répartissez la poudre biscuitée au fonds du moule, en tassant de manière égale avec le fonds d'un verre. La masse doit remonter sur les bords, sur la moitié de la hauteur environ. Mettez au four pour dix minutes.

Pendant ce temps, mélanger dans un saladier les différents sérés, le sucre, le sirop de sureau, le zeste de citron vert jusqu'à obtenir une masse bien homogène. Y casser les oeufs un à un en mélangeant au fur et à mesure.
Note : vous pouvez tout à fait adapter la recette avec une seule sorte de séré, ou deux, si vous préférez éviter l'échantillonnage que je propose là.

Versez la moitié du mélange dans le moule, et le parsemer des framboises congelées. Ajoutez le reste de la masse... les framboises se noient...

Faites cuire quarante à cinquante minutes au four, à 180 degrés. Une fois cuit mais pas encore bruni, éteignez le four et laissez le gâteau y refroidir lentement. Une fois froid, recouvrez d'un papier alu ou cellophane, et laissez reposer au frigo, au moins jusqu'au lendemain.

Avant de servir (ou de partir à la fête), préparez votre glaçage en mélangeant les différents ingrédients. Lorsque vous atteignez la texture idéale, qui s'étale mais ne coule pas, répartissez-la sur le gâteau, et lissez avec une spatule à pâtisserie (maryse).

Le soir où j'ai fait cette recette, quelqu'un qui m'est cher avait eu la grande idée de réaliser un beau pochoir pour faire des dédicaces au sucre glace sur les gâteaux. J'ai donc rosi un peu de sucre glace avec du colorant alimentaire, et l'ai transporté jusqu'au lieu de la fête.

Repas terminé, cinq à sept filles se pressent dans une minuscule cuisine pour préparer les desserts. On déchire les emballages, on sort les plaques des sacs, on glisse délicatement les gâteaux dans des plats, on prépare le fameux pochoir, on saupoudre le gâteau indécent au chocolat de l'une, la tarte à la crème de l'autre, et hop on retourne le pochoir pour faire le cheesecake blanc, sur lequel le sucre rose ressortira mieux, forcément. On renonce à décorer les tartes aux pommes qui pompent tout le sucre glace, on plante les bougies, on se met en rang, on envoie un ami éteindre la lumière, on défile gâteaux en main, l'héroïne du jour souffle ses bougies, les invités se jettent sur les desserts.

Trois conclusions seront tirées de cette soirée :

- Les fêtes, définitivement, c'est pas bon pour les photos de nourriture. Lumière basse, foule exaltée et affamée, elles seront forcément vite faites et moches. Si vous voulez voir ce que pourrait être ce cheesecake délicieux en beau, allez chez son concepteur.
- Les pochoirs, c'est joli, mais quand on les retourne ça fait les lettres à l'envers. Mais non, on n'est pas toutes blondes, mais on a dû le voir pour y penser. Et c'est comme ça qu'un billet prend un titre de recette de science-fiction.
- Tout ça n'est pas très grave, parce qu'on s'est quand même super bien amusés, et que le gâteau a été mangé si vite que UM a eu la peine le temps de réaliser que son nom était en miroir, et que je publie la recette malgré les affreuses photos parce qu'elle m'a beaucoup été demandée ce soir-là.

Et pour conclure et en souvenir... Le gâteau au chocolat décadent réalisé par la découpeuse de pochoirs...

mercredi 22 octobre 2008

prunes pochées aux épices et à la mélasse de grenade


J'aime bien les fruits pochés ; je trouve qu'ils font des desserts à la fois simples et élégants, et qui se laissent toujours manger par les estomacs les plus gavés par le repas qui a précédé. Après les poires et les abricots, j'ai donc décidé d'essayer une recette de prunes pochées.

L'idée à vrai dire m'est venue de ma maman ; lors d'une raclette de fin d'été, faite du fromage de Tequila, la vache de mon beau-père (qui en réalité est physiothérapeute mais c'est un tel gourmand et gourmet qu'il s'est acheté une vache d'hérens pour la production de fromage...), elle avait préparé deux compotée de fruits pochés, enfin je ne sais pas si compotée est le terme exact, car les fruits étaient entiers, mais aussi cuits et fondants, bref : l'une de pêches de vigne, l'autre de pruneaux, et c'était délicieux.

Invitée à mon tour à une fondue en terrasse (si si, en octobre : la soirée était belle encore et c'était comme un défi de manger encore une fois dehors avant l'hiver), et à y amener un dessert, j'ai recyclé le concept en improvisant la recette suivante :

Pour six desserts de gens repus :
- 800g à 1 kg de prunes
- 3 cs de sucre brun
- 10 grains de poivre noir
- 3 clous de girofle
- 2 sachets de sucre vanillé - ou une gousse de vanille et 1 cs supplémentaire de sucre brun
- 2 bâtons de cannelle
- 2 dl de mélasse de grenade
- 7 à 10 dl d'eau (selon le poids des fruits et votre jugé)

Laver et sécher les prunes, avant de les couper en deux et de retirer leurs noyaux. Faire bouillir l'eau, la mélasse de grenade et le sucre brun dans une casserole. Dès ébullition, y ajouter les épices (gousse de vanille fendue le cas échéant), et les prunes. Laisser cuire à feu doux pendant 5 à 10 minutes. Les prunes doivent être bien cuites et fondantes, mais ne pas se défaire intégralement, rester attentif/ve.

Egoutter les prunes en récupérant le sirop dans un bol posé sous la passoire. Faire cuire ce jus encore 5 à 10 minutes, jusqu'à une consistante sirupeuse. Filtrer le sirop en le reversant sur les prunes, en retirant la cannelle, la girofle dans une passoire posé sur votre saladier (tout le monde suit toujours, les positions des passoires ?). Vous pouvez laisser les grains de poivre noir dans les fruits, ça croque piquant tout à fait délicieusement au milieu de tout ce moelleux sucré.

Note esthétique : j'avais pris un mélange de prunes jaunes et violettes, mais au vu de la couleur finale de mon sirop, cela ne me parait pas indispensable

L'autre avantage des fruits pochés ? Ils se promènent volontiers dans leur sirop et dans une boîte en plastique (genre Tup...re), lorsque l'on doit les transporter, et en scooter c'est bien plus pratique qu'un gâteau.

En saladier chez vous ou en boîte en plastique dans un coin de la cuisine de vos amis, laisser macérer jusqu'au repas, et déguster à température ambiante.

lundi 20 octobre 2008

tajine en romertopf au poulet, navets et carottes en couleurs


Lorsque mon amoureux et moi on a emménagé ensemble, l'inventaire de la cuisine fut fastidieux : faire un choix parmi les vieilles assiettes Ikea, c'était facile, on a d'ailleurs fini par toutes les changer. Jeter les verres en trop, c'était futile, vu comme on est brutaux quand on fait la vaisselle, on n'en a plus un qui a vécu le déménagement. Echanger mes vieux couteaux pourris contre les siens qui coupent, c'était utile.

Par contre, c'est ce que je nommerai le "haut du placard" qui a été plus difficile à trier. Deux caquelons à fondue, tout le monde est d'accord, ça ne sert à rien. Si vraiment vous voulez faire de la fondue pour douze, il y en a bien un des dix autres qui pourra amener le sien. En plus, la fondue, c'est mieux au bistrot, surtout dans un trois pièces. Mais lequel garder ? Le vieux de ses grand-parents avec son réchaud en fer forgé, ou le plus récent prune et inox, offert par une ex-belle famille ? Décision sans heurts, entre un souvenir de ses grands-parents chéris et celui d'une ex-belle-mère envahissante... Vite vu.
Et les quatorze vases, ils sont vraiment tous différents ? Celui pour les tournesols, il irait vraiment pas pour des lys ? On les garde tous ?

Et comment on va cuisiner à la vapeur ? Avec mon machin à paniers en plastiques ? Avec le panier du ricecooker ? Avec celui en osier acheté au thaï du quartier ? Avec la marmite à vapeur qui pèse 3 tonnes ? Cette fois, on a gardé le moderne et le léger, et la marmite à vapeur attend son heure dans un carton à la cave.
Et les woks ? C'est bien deux woks, non ? On ne sait jamais, si on fait un curry pour vingt... ?

Pour ne rien arranger, depuis, on a récupéré la vieille centrifugeuse de mon enfance que papa allait jeter, acheté une machine à café rétro parce que quand même c'est meilleur qu'en cafetière sur la plaque, développé ma collection de casseroles avec deux splendides Hotpan écologiques, investi dans un second ricecooker plus petit parce que c'était quand même bête d'avoir besoin de quatre invités pour que ça vaille le coup de faire du riz, trouvé un plat à gratin super rustique dans une brocante... La cuisine n'est pas plus grande mais elle se réaménage, au jour le jour, selon nos différentes lubies et trouvailles.

Mais pourquoi est-ce que je vous raconte tout ça ?

Pour vous parler d'une des survivantes de ces grands tris, dont l'avenir n'était pas assuré à la base : la romertopf. Elle est arrivée dans ses cartons à lui, je l'ai observée en chien de faïence pendant une bonne année. Avant de me décider, enfin, à le questionner un peu, et à surfer aussi un peu sur les sites de cuisine pour oser approcher la chose.

Je me disais bien que ce serait sûrement bon mais quand même... déjà le poids. Ensuite le look. Enfin l'histoire du trempage. Tout ça ne me paraissait pas très nouvelle cuisine et innovations gustatives. Et bien j'avais tort. La romertopf, c'est top ! Vous jetez n'importe quoi dedans, et à condition d'avoir devant vous le temps de cuisson nécessaire, ça sera merveilleux. Et c'est le genre d'accessoire qui permet de boire l'apéro tranquille au salon, sans s'inquiéter une minute de l'heure de passer à table. Le coup de feu ? Vous parlez de quoi, là ?

On peut y faire plein de viandes et de poissons, pour ma part je me suis cantonnée plutôt au poulet rôti et ses variantes jusque là, et à l'agneau préalablement sauté dans un wok (ou dans l'autre). Mais l'amoureux y a fait cuire il y a quelque temps deux dorades parfaites.

La faire bien tremper, surtout, au moins une demi-heure, couvercle et base. N'ajouter quasi aucun liquide, sinon, soupe assurée. Ni de graisse d'ailleurs, celle de la viande suffira. Et ne la lavez jamais au savon, frottez juste à l'eau.

Rêvant l'autre jour de topinambours, je me suis ruée sur la recette d'Anaïk, une tajine de poulet aux légumes retrouvés. Or, ai-je appris à mes dépens fin septembre, ce n'est pas du tout la saison du topinambour, il arrivera plus tard.

J'ai donc adapté la recette au marché du jour, qui proposait, à côté des carottes oranges que l'on connaît, une très jolie botte de carottes rouges - non, pas des betteraves, des carottes nouvelles de couleur rouge. Elles étaient si jolies que j'ai tout de suite décidé de les cuire entières.

Tajine de poulet au romertopf, pour quatre personnes :

- 1 beau poulet, coupé en morceaux par votre boucher, façon "chasseur"
- 2 navets
- 4 pommes de terre
- 4 belles carottes
- 1 botte, soit environ 12, carottes nouvelles, rouges c'est plus joli
- 1 tête d'ail nouveau
- 1 demi-bouquet de persil
- 1 bouquet de coriandre
- 3 doses de safran en poudre
- 3 centimètres de gingembre frais, à râper
- du sel et du poivre

Faites tremper votre romertopf pendant une demi-heure. Pelez vos navets, vos carottes, vos pommes de terre. Coupez-les en morceaux grossiers, sauf les carottes nouvelles. Jetez-les au fond de votre romertopf essuyée, et parsemez de persil haché. Ajoutez les différentes épices, du sel, du poivre. La cuisson se chargera de mêler les saveurs. Répartissez un peu partout les gousses de la tête d'ail nouveau, juste épluchées de leur première couche.

Recouvrez les légumes de vos morceaux de poulet. Fermez la romertopf, et glissez-la dans le four froid pour deux heures à deux heures et demie. La peau du poulet doit être bien dorée. Servez avec la coriandre fraiche hachée.

J'ai accompagné cette recette d'un mélange de riz basmati et de riz rouge sauvage, cuit dans le ricecooker qui occupe le rebord de la fenêtre...