lundi 28 septembre 2009

pommes de terre façon F. et L. et potimarron façon Loukoum


Il a quand même bien fallu lui faire un sort, à ce potimarron qui nous ramène l'automne. Une façon simple et délicieuse de le cuisiner nous est revenue, qu'on avait aperçue chez Loukoum. Ca faisait longtemps, aussi, qu'on avait envie de reproduire ces jolies pommes de terre mangées un jour chez des amis. Des pommes de terre au four, tout simplement, mais finement découpées en tranchettes, ce qui leur donnait à la fois un exquis fondant et un air de cérémonie.

F. et L. organisaient alors une crémaillère sans fin, invitant leurs amis et connaissances quatre par quatre, pour de petits soupers dans le hall de leur nouvel appartement. Ils collectionnaient leurs portraits, on trouvait encore des films Polaroïd. Comme l'appartement n'était pas assez grand pour réunir les gens en vrai, ceux-ci se rencontraient par photos interposées dans une boîte de carton, tous posant devant le nouveau mur, violet, ou bordeaux, je ne me souviens plus. Je ne me souviens plus non plus du plat qui accompagnait les pommes de terre. Je me souviens par contre que c'était une belle soirée, que nous étions un quatuor d'invités à la fois inhabituel et familier, que nous avions beaucoup ri, un peu trop bu et que nous étions rentrés avec un chauffeur de taxi bougon, mais bienveillant.

Les pommes de terre de F. et L. et le potimarron façon Loukoum, pour deux :

- 7-8 petites pommes de terre
- 1 potimarron
- sel, piment d'espelette
- de l'huile d'olive, généreusement

Préchauffez le four à 180 degrés. Epluchez les pommes de terre. Posez les sur le plat le plus stable, et coupez-les en fines tranches - mais sans aller jusqu'au bout de la découpe. Elles restent donc attachées à la base. Badigeonnez-les d'huile d'olive avec un pinceau, glissez-les au four sur une plaque.

Lancez le potimarron par terre - si, si, c'est la façon la plus simple de commencer à le découper. Il se fendra en deux. Lavez-le, enfin, l'extérieur - vous pouvez faire cela avant si votre cuisine est plus propre que la mienne. Retirez à l'aide d'une cuillère et d'un petit couteau les filaments et les graines. Coupez-le en quartiers, assez fins. Répartissez-les eux aussi sur la plaque, avec les pommes de terre, et badigeonnez-les d'huile d'olive. Saupoudrez le potimarron de piment d'espelette, et toute la plaque d'un peu de sel. Laissez cuire 40 minutes environ.

Servez, avec par exemple des côtelettes de porc à la moutarde. Les pommes de terre sont délicieusement fondantes et le potimarron, ici resté un peu trop longtemps au four, se mange intégralement, avec sa peau.

lundi 21 septembre 2009

salade d'entre-saison aux figues tout simplement poêlées

Il faut bien accepter, peu à peu, de remettre des leggings et de cacher ses orteils. La résistance se limite le plus souvent à une largeur de cheville à l'air libre, aux pieds quand même nus - mais dans des escarpins ou des ballerines fermés. Il faut trouver les petites vestes légères, les écharpes en coton épais ou en laine fine, qui permettront de faire durer un peu les robes d'été.

Comme certaines, on s'enfuirait bien au sud quelques jours pour mettre les pieds dans l'eau ; dans le lac, cela ressemble déjà à une épreuve esquimau. On se demande si il est encore temps de trouver des tomates pour enfermer l'été, comme d'autres.

Dans le frigo, les courgettes sont remplacées par le céleri-branche dont on ne sait pas trop que faire, par un potimarron qu'on aime, mais qu'on aurait pu attendre un peu.

On se console comme l'an dernier avec l'arrivée de ces fruits du soleil, qui sont justement de saison, certes pas toujours cultivés chez nous. On les consomme tout de même allègrement, pour illuminer la rentrée.

Salade d'entre-saison, aux figues poêlées, entrée pour quatre :

- salade mélangée de jeunes pousses
- six figues fraîches et mûres
- quatre petites tomates, allongées par exemple, mais surtout goûteuses
- deux boules de mozzarella di buffala
- huile d'olive, vinaigre balsamique, fleur de sel, poivre du moulin

Disposez la salade sur les assiettes. Chauffez une tombée d'huile d'olive dans la poêle. Déposez-y les figues coupées en deux, d'abord du côté de la peau, laissez cuire 3 minutes à feu moyen.

Coupez les tomates en rondelles. Coupez la mozzarella en deux, puis en rondelles. Déposez une tomate et une demi boule de mozzarella dans chaque assiette.

Retournez les figues, laissez les cuire, à feu plus doux, deux minutes du côté de la chair. Assaisonnez la salade avec huile d'olive, balsamique. Déposez-y délicatement les figues chaudes. Salez, poivrez, passez à table immédiatement.

mardi 8 septembre 2009

j'ai embrassé un hells angels - risotto à l'oseille (et courgette, poivre blanc)

Ce soir, à la station-service, je fais le plein de mon scooter. A la pompe d'à côté, deux types portent le même blouson de cuir noir, avec la même laide broderie "hells angels suisse". 

Arrivée à la caisse, je croise l'un d'entre eux ; l'étroite ouverture du casque intégral laisse apparaître les yeux, des joues compressées, quelques centimètres de peau. Le visage, ou ce que j'en vois, m'apparaît vieilli, mais familier. Je repense à un échange de baisers adolescents dans l'obscurité de la chambre de ma copine L., transformée en dortoir improvisé.
Qu'est devenue L., d'ailleurs ?
Est-ce bien ce garçon ?
Combien d'années ça fait ?
Peu sûre de moi, peu disposée à aborder un homme masqué, j'attends mon tour en silence. 

De retour à mon véhicule, le hells angels m'aborde. A mon regard interrogateur, il marmonne son prénom. Il est bien celui que je pensais. Mon incroyable capacité à reconnaître les gens m'étonne, encore une fois. Nous échangeons quelques banalités. 

Je ne saurai pas si il a toujours des longs cheveux bouclés, si ils sont devenus plus gris, si les petites rides du contour des yeux lui vont bien, ou pas. Nous avons échangé quelques mots, mais il a laissé son casque.

N'empêche, j'ai embrassé un hells angels.

En rentrant, j'ai fait un risotto; ça n'a pas grand-chose à voir.

Risotto à l'oseille, courgettes et poivre blanc :

- une grande tasse de riz italien
- un bouquet d'oseille
- une grande courgette, ou bien deux plus petites
- un oignon moyen
- du bouillon de légumes, pour un litre
- poivre blanc
- parmesan 
- un jet d'huile d'olive

Faites revenir dans l'huile d'olive l'oignon coupé en petits morceaux. Pendant ce temps, préparez le bouillon. Lorsque l'oignon devient clair et un peu cuit, ajoutez le riz. Mélangez régulièrement, jusqu'à ce que les grains deviennent translucides. Mouillez d'une tombée de bouillon. Laissez cuire à feu doux.
Régulièrement, arrosez de bouillon, avant que le riz n'attache. Régulièrement, aussi, remuez avec une cuillère de bois.

Râpez la courgette grossièrement (format "bircher"). Hachez l'oseille. Lorsque le riz vous semble bientôt cuit (après quinze-vingt minutes environ), jetez-y la courgette râpée. Remuez, ajoutez encore du bouillon, laissez s'évaporer le liquide. Ensuite, ajoutez l'oseille. Lorsque c'est presque prêt, deux poignées de parmesan fraîchement râpé. Poivrez, le poivre blanc est parfait, un autre ira aussi.

Servez avec du parmesan râpé à volonté. Les quantités conviennent pour deux à trois portions.

lundi 31 août 2009

le poulet rôti en romertopf en trois déclinaisons

Après trois semaines à l'autre bout du monde, j'étais un peu lassée du poulet. Le ayam à toutes les sauces nous convainquait bien moins que les merveilleux poissons, calamars, crabes et crevettes dégustées en bord de mer. Seules les brochettes satay sont restées dans nos assiettes jusqu'à la fin du séjour. En rentrant, je pensais me régaler surtout de pâtes, de légumes ; et puis de salades, ayant évité les crudités lavées trop souvent dans une eau incertaine.

Mais l'autre jour, les paysans des paniers avaient emmené avec eux quelques individus d'espèce volaillère. Dodus et bien nourris, ils n'avaient pas grand-chose à voir avec les animaux rencontrés là-bas, en Asie. 
Une cuisse de poulet vaudois, le poids de trois des leurs... Pas de conclusions hâtives sur un éventuel rapport comparable entre les individus de l'espèce humaine et féminine, je vous remercie... 

Alors voilà, j'ai acheté mon premier ayam suisse de l'été. Comme le barbecue sur mon balcon, ça ne le fait pas, j'ai opté pour un mode de cuisson bien européen : le romertopf. Et comme le poulet était vraiment dodu pour trois mangeurs, il y a une déclinaison proposée pour le lendemain (ou le jour d'après, histoire de ne pas se lasser). Et comme il y a toujours une bonne raison d'avoir du bouillon de qualité au frigo, il y a une déclinaison pour une prochaine recette.



1. Le poulet rôti :
- un beau poulet
- un citron bio
- 6-8 gousses d'ail
- 6 pommes de terre
- un roudoudou (= gros oignon)
- du sel, du poivre, des épices

Avant toute chose, faites tremper le romertopf à l'eau froide pendant une demi-heure. Ne préchauffez pas le four. Epluchez vos pommes de terre, lisez un journal, relevez vos mails.

Coupez le roudoudou en tranches. Coupez les pommes de terre en deux. Tapissez le fonds du romertopf d'oignon, puis de pommes de terre, et parsemez de quelques gousses d'ail avec leur peau. Pas d'huile, ni d'autre graisse. Le romertopf n'en a jamais besoin. Pas d'eau, non plus. Le romertopf en a bu assez en faisant trempette.

Farcissez le poulet avec deux gousses d'ail épluchées, et le citron coupé en tranches. Posez-le sur les légumes. Assaisonnez (j'ai utilisé un mélange d'épices pour volaille qui contient divers piments, de la tomate séchée et du cumin). Glissez au four froid, à 180 degrés, pour deux heures à deux heures et demie. Mangez, accompagné d'une salade. 




2. La salade de poulet citronnée :
- le reste du poulet
- le reste des pommes de terre
- une ou deux gousses d'ail restantes, fondues
- un jus de citron
- huile d'olive
- 1 cs de mayonnaise
- 1 cs de moutarde à l'ancienne (avec les grains)
- sel et poivre
- quelques poignées de rucola


Enlevez (avec les doigts, c'est le plus simple) tous les morceaux de blanc du poulet restant. Effilez les en longueur. Laissez de côté les os et la peau. Coupez grossièrement les pommes de terre. Pressez l'ail. Assaisonnez avec les autres ingrédients. Mélangez. 
Hachez grossièrement la rucola, servez un lit de salade avec votre salade de poulet. Mélangez avant de déguster, c'est meilleur.



3. Le bouillon de volaille :
- la carcasse du poulet, la peau, le fonds d'oignon, les zestes du citron
- 2 feuilles de laurier
- du sel
- une dizaine de grains de poivre


Lancez le tout dans une grande casserole. Recouvrez d'eau. Portez à ébullition puis laissez cuire à feu doux pendant deux heures au moins. Trois-quatre heures, c'est mieux. Passez dans une passoire assez fine. Conservez le bouillon au congélateur, pour une autre recette, un autre jour.

jeudi 30 juillet 2009

l'été et la tête ailleurs...

Une betterave en plein paquetage se dit qu'elle pourrait vous laisser quelques images du plus bel endroit du monde, avant de partir à l'autre bout de celui-ci.

Il y a bien quelques recettes dans les recoins de l'ordinateur, mais le travail, la chaleur, les amis, les festivals et un certain Charles-Ferdinand ont pris le dessus ces dernières semaines.

La betterave vous souhaite un merveilleux mois d'août ...


... elle vous parlera peut-être, en rentrant, de gado-gado, de nasi-goreng, de poissons grillés, et de fruits mystérieux ...




"C’est qu’il y a des moments où rien ne peut être changé sans quoi tout change, des moments où rien ne peut être dénoué de nous sans quoi tout est dénoué."   (C.-F. Ramuz)

mercredi 24 juin 2009

le gaspacho encore plus vert de robin des bois

C'est l'été, cette fois, pour de bon. La preuve, les jours diminuent déjà. La betterave a beau être enrhumée et tousser comme au fin fonds de novembre, elle a envie de frais, de léger. Pas seulement pour la ligne, mais parce que ça fait sentir les vacances un peu plus proches. Et puis, le rythme des paniers s'est endiablé. Il y en a toutes les semaines, et ils débordent de vert : salades magnifiques, herbes odorantes, légumes croquants. Et bien souvent, des petits fruits rouges à la fois acides et sucrés, qu'on grignote si vite qu'ils ne se transforment même pas en recette.

Pour éclaircir un peu le frigo, et surtout parce que c'est bon, une entrée toute verte et rapide à préparer : je vous présente le gaspacho, version des prés.

Pour un peu moins d'un litre de gaspacho vert :

- un petit fenouil
- deux bonnes poignées d'épinards
- un demi-concombre
- un bouquet de basilic
- une gousse d'ail
- un filet d'huile d'olive
- un plus petit filet de vinaigre balsamique
- du sel, du poivre
- une touche de sucre

Coupez le fenouil en petits morceaux (après avoir enlevés les extrémités dures) et blanchissez-le pendant trois minutes à l'eau salée, avec les feuilles d'épinards. Egouttez.
Epluchez le demi-concombre, coupez-le en dés, pressez la gousse d'ail, effeuillez le basilic et passez le tout au mixer (avec les légumes blanchis, et un demi-verre d'eau). Assaisonnez : huile d'olive, une tombée de vinaigre, une toute petite cuillère de sucre, du sel et du poivre à votre goût. Ajoutez de l'eau pour que ça fasse plus soupe que purée (pas trop quand même). Réfrigérez, carrément au congélateur si le repas est proche.

La recette vous dit quelque chose ?
C'est normal je suis Robin des Bois : je l'ai volée (à une côte de bette près, remplacée par les épinards) à un certain Dr Slurp qui l'avait lui-même volée à des pauvres !

samedi 20 juin 2009

sous les arbres, un cheesecake limette et chocolat blanc

Le soleil était chaud ce jour-là. Heureusement, les vieux arbres du parc nous abritaient, et nous avons pu nous installer sur ce gazon frais toute l'année, protégé depuis si longtemps par leurs vieilles branches.

Il y avait de la famille, et des amis. Un bien vieil ami, parmi eux, et cette douce toute petite fille qui lui ressemble tellement. J'ai été heureuse de la rencontrer, de découvrir un peu sa maman, et de fermer et d'ouvrir pour elle une brique de thé froid une bonne centaine de fois, juste parce qu'elle avait décidé que ce jour-là, c'est ce "click" qui lui ferait plaisir.

Le lac était parfait en fin de journée, une fois les cakes salés et gâteaux un peu digérés, pour se donner le courage de reprendre la route. Dans ces premiers moments d'été où il faut encore un peu se pousser pour entrer, glisser dans l'eau l'espace fatidique entre le haut et le bas du maillot de bain, puis où l'on a envie d'y rester barboter pendant des heures. Encore des nappes de pollen sur les rives. Nager un peu, contempler le ciel, et les quais de plus loin. Revenir, s'ébrouer, se sécher sur le mur chaud, paisiblement, à distance du groupe, avant de revenir sur les couvertures.

On fêtait les trente ans du frangin ; mais le sucre glace fond si vite sur le cheesecake qu'on a même pas essayé d'y dessiner un chiffre ; il y avait déjà ces bougies rigolotes mais un peu moches plantées sur une tarte aux framboises pour rappeler l'occasion. 

Cheesecake limette-chocolat blanc, pour un moule à charnière de 20 cm de diamètre :

- un paquet de palets bretons au chocolat (125g moins un de mangé)
- 50g de beurre fondu
- 1 paquet de Philadelphia (200g)
- 1 pot de ricotta (250g)
- 1 pot de séré demi-gras (250g)
- 3 oeufs
- une plaque de chocolat blanc (100g)
- 3 limes (citrons verts)
- 50g de sucre

Mixer les biscuits au chocolat avec le beurre fondu. Ecrasez-les au fonds du moule à charnière (préalablement protégé d'une feuille de papier à four) , tassez à l'aide d'un verre. Déposez le moule au frigo le temps de préparer la masse.
Préchauffez le four à 180 degrés. Faites fondre le chocolat blanc au bain marie, à feu doux.
Râpez les zestes des limettes, pressez les fruits. Gardez la moitié du zeste au frais, pour la décoration le lendemain. Battez les oeufs au fonds d'un grand saladier. Ajoutez-y l'autre moitié des zestes, le jus de citron vert, les trois fromages, puis le chocolat fondu. Sucrez.

Versez la masse dans votre moule, sur les biscuits. Glissez au four pour une bonne heure de cuisson à feu doux (180 degrés). Laissez refroidir dans le four. Réfrigérez au moins vingt-quatre heures avant de déguster.


Note 1 : Mon cheesecake a coloré vers le brun, moins chic qu'un traditionnel cousin américain. L'ai-je cuit trop longtemps ? Est-ce que la ricotta a cet effet (je me souviens de gâteaux à la ricotta souvent dorés) ?

Note 2 : Ce mélange de fromages est fruit du destin ; un seul paquet de Philadelphia restait dans le frigo du supermarché - tous les autres étaient parfumés aux herbes fraiches, peu adéquat pour un dessert ; j'ai donc improvisé. Pour toute question sur les bases du cheesecake, je vous renvoie à Loukoum et sa petite leçon.

Note 3 : Si vous voulez découvrir d'autres cheesecakes de la betterave, il y en a ici et .