mardi 30 décembre 2008

la grande aventure du chevreuil ou une histoire de grand-mère, de chasse, de soeurs et de héros


Un jour vous êtes chez votre grand-maman, avec votre soeur. La grand-maman qui n'aime pas qu'on l'appelle comme ça, alors on lui dira A., dont la cuisine c'est pas trop le truc, sauf quelques recettes historiques ou polonaises, par sentiment, dont le truc ce serait plutôt les livres dont elle faisait son métier, les cigarettes même si là elle n'a plus le droit, les sorties entre filles, ses jeunettes de copines de soixante-cinq ans, ses petites-filles de vingt à trente, se connecter au monde via internet aussi, et j'en oublie...

Donc un jour vous êtes chez A. avec votre soeur ; et là elle dit : "toi qui aimes cuisiner, tu aimes la chasse ?"
Vous répondez "euh, ben oui, j'adore ça" et votre soeur en rajoute parce qu'elle aussi.
Et donc, A. sort un immense sac en plastique tout dur de son congélateur, et dit "alors prenez-ça, c'est mon docteur qui chasse, il me l'a donné, prenez-le pour vous. C'est un chevreuil je crois."

On s'entend : le sac est immense, mais clairement, il ne contient pas un chevreuil. Mais un bon bout, tout de même. Ou alors pas mal de glaçons. Enfin, on y verra plus clair après décongélation.

Vous rentrez au bord de votre lac, vous prenez les agendas, trouvez un dimanche soir de décembre libre pour les quatre convives (les soeurs et leurs chéris), et vous répartissez les rôles : la betterave s'occupera de la viande, le chéri de sa soeur de ce qui a autour. Vous ferez finalement les choux de bruxelles et les marrons ensemble, le soir-même.

D-Day - 2, vous sortez le sac du congélateur. Le laissez une nuit dans son évier, puis encore une journée dans son frigo. Un peu inquiète de la suite des opérations, vous envoyez un petit mail à A. pour en savoir plus sur l'animal. 

"Je pense que la viande est du chevreuil, mais alors, il me l'a donnée déjà congelée, donc, je n'ai aucune autre indication. Je crois (mais seulement je crois) que ce sont des morceaux, pris dans la cuisse, mais en fait je n'en sais rien. Je te dis ça parce qu'il m'en avait donné comme ça. Avant de la cuire sens-la, avec le nez, car cette chasse n'est pas très faisandée. Mon médecin tue son chevreuil, le vide en forêt, le ramène à la maison pour lui ôter la peau (je te passe les détails si tôt le matin) puis la coupe et la congèle, c'est presque de la viande fraîche...
Tu me diras."

Ouille ouille ouille. Aïe aïe aïe. Là, vous flippez un peu, vous qui côté viande, vous arrêtez habituellement aux tajines, émincés voire au poulet rôti...

D-Day - 1 vous étudiez le morceau attentivement, avec l'aide de votre chéri. Après avoir passé douze heures à surfer après des recettes de cuissot de chevreuil, vous constatez que finalement :
1) ce ne sont pas des morceaux mais bien un gros bloc avec os
2) ça a plutôt l'air d'une épaule, malgré vos faibles connaissances en anatomie des cervidés

Vous repartez alors pour un tour de surf, et développez à une vitesse fulgurante vos connaissances animales et forestières. Chasseurs à l'arc, cuisinières courageuses, vous êtes plus que jamais ravie de l'invention d'Internet. Le cuissot de chevreuil s'appelle aussi une gigue, se cuisine en un morceau, par contre l'épaule se fait plutôt en ragoût, mariné, ou pas, et souvent, ce sont les chasseurs eux-mêmes qui cuisinent parce que leurs femmes disent qu'ils n'ont qu'à assumer jusqu'au bout... 

Assumer, assumer on y est. Va falloir y aller. Mais là, vous n'assumez pas en fait. 

Alors votre chéri, qui est un héros, prend le couteau pour transformer la chose rouge et odorante en morceaux. C'est un peu gore. Assez régulièrement, vous quittez la cuisine pour respirer un bol d'air et regarder ailleurs. Vous espérez que vous ne serez pas trop dégoûtée et êtes assez contente de cette histoire de marinade de 24 heures qui vous permettra de vous réconcilier un peu avec cet animal en morceaux...

Vous préparez votre marinade et mettez tout ça au frigo. Finalement, vous invitez d'autres amis à se joindre à vous, parce qu'il reste tout de même quasi deux kilos de viande...

D-Day, vous préparez une tarte au vin cuit pour le dessert. Votre soeur et son jules arrivent avec plein de petites boîtes en plastique contenant des choses succulentes. Poires au vin, chou rouge aux épices, confitures d'airelles, lui aussi est un héros.

Le soir, vos amis vous rejoignent, et vous dégustez tous les six une excellente chasse dont vous êtes extrêmement fière. Vous finissez tard dans la nuit, avec des voisins qui sont passés par là en rentrant, et une excellente bouteille de damassine.


Pour une épaule de chevreuil en morceaux, qui faisait 2.2 kilos avec son os :

- 1 bouteille de vin rouge bon mais pas luxe (moins les deux verres dont vous avez bien eu besoin pour l'étape du découpage)
- 2 oignons
- 2 carottes
- 4 feuilles de laurier
- 8 grains de poivre écrasés grossièrement
- 1 cs de thym séché
- 4 clous de girofle
- une dizaine de baies de genièves
- 1 dl de vinaigre de vin rouge
- 3 gousses d'ail

Epluchez les carottes et les oignons, coupez les en dés grossiers, épluchez l'ail et coupez les gousses en deux. Mélangez tous les ingrédients, ajoutez-y la viande, laissez mariner au frais vingt-quatre heures.

Le lendemain, retirer les morceaux de viande, les éponger au papier ménage. Les faire sauter dans une poêle de chaque côté, les fariner, remuer, et transférer dans une cocotte.

Filtrer la marinade, faire chauffer le jus dans une casserole.
Une fois chaud, le verser dans la viande. Laisser cuire à feu doux, deux heures.



Servir avec une ribambelle de ces accompagnements qui font le plaisir de la chasse, en décembre aussi. Poires cuites en douceur au vin rouge, choux de bruxelles juste cuits mais toujours croquants, châtaignes doucement poêlées au beurre et au sucre roux, et les fameux choux rouges épicés de mon beau-frère. 

Et des spätzli, bien sûr, que nous avons achetés frais mais déjà faits, mais si vous voulez vous lancer, claude-olivier propose ici une recette maison.


lundi 15 décembre 2008

un plat réconfortant : saucisson vaudois, lentilles canaille

La betterave a pris du retard sur son blog ces derniers temps ; le mois de décembre est chargé chez tout le monde, chez la betterave il l'est particulièrement lors du premier week-end, en raison d'un certain festival qui l'occupe à cette période-là. Depuis plus de deux semaines, c'est deux pauvres oeufs cocotte qui occupent la page d'accueil... il est temps de se reprendre !

Pour remettre en forme une betterave particulièrement fatiguée, mais qui doit tout de même terminer l'année, tenir jusqu'aux Fêtes, il faut du reconstituant, du solide, du local. Comme par exemple un beau saucisson vaudois, et ses petites lentilles un peu piquantes...

Le saucisson vaudois ?

Ben, c'est un saucisson du Pays de Vaud. Le Pays de Vaud connaît deux sortes de saucisses à cuire en hiver : la saucisse aux choux, qu'on mange traditionnellement avec le fameux papet vaudois, une sorte de bouillie poireaux-pommes de terre qui connaît autant de recettes que de cuisiniers, et le saucisson vaudois, qui peut aussi se manger avec le papet, mais pas seulement. C'est un gros saucisson à cuire, que l'on coupe en tranches avant de le servir, que l'on peut manger chaud, ou froid.

Le mien est fait par les paysans qui cultivent mes légumes hebdomadaires. Et accompagné de lentilles presque locales (elles sont genevoises, soit du canton d'à côté). L'élément le plus exotique de la recette est ma merveilleuse moutarde au pain d'épices, ramenée de Dijon par des amis. Une moutarde en grains, au fin goût de miel, fruitée, légèrement épicée. Comme j'imagine bien qu'elle ne court pas forcément dans tous les placards, vous pouvez la remplacer par une autre moutarde en grains, avec une touche de miel ; l'idée étant d'utiliser une moutarde plutôt douce pour le plat, et d'avoir sur la table une bonne moutarde bien forte, dont chacun se servira selon son palais.

Pour 2 à 3 bientôt reconstitués :

- 1 beau saucisson vaudois
- 180g lentilles vertes (type du Puy)
- 1 oignon
- 4 grandes carottes
- 3 cc de moutarde en grains au pain d'épices
- 1 feuille de laurier
- 2 gousses d'ail
- piments séchés / peperoncini
- 1 tombée de crème (facultatif)
- sel, poivre, moutarde forte

Piquer le saucisson vaudois aux deux bouts, en laissant les cure-dents. C'est juste pour éviter qu'il éclate. Mettez-le dans une casserole d'eau froide, portez à ébullition. Laissez cuire 50 minutes, eau frémissante.

Rincez vos lentilles, faites bouillir de l'eau, jetez-y une feuille de laurier. Ajoutez les lentilles dans l'eau bouillante, laisser cuire sur feu moyen une trentaine de minutes. Les lentilles une fois cuites doivent rester croquantes mais toutefois s'écraser entre vos doigts. Egouttez-les, retirez la feuille de laurier.

Emincez l'oignon, faites-le revenir dans une poêle. Lorsqu'il dore, ajoutez-y deux gousses d'ail pressées, trois pincées de piments séchés (ou plus, les miens sont très forts). Coupez les carottes en dés, ajoutez-les aux oignons, ainsi que 2dl d'eau, faites les revenir jusqu'à ce qu'elles soient cuites mais pas trop.

Ajoutez aux légumes la moutarde en grains, remuez, puis les lentilles. Laissez réchauffer, affinez éventuellement avec une tombée de crème.

Retirez le saucisson une fois cuit de son eau, découpez le en tranches, disposez 3 ou 4 tranches avec chaque portion de lentilles.

Servez avec une petite salade croquante, par exemple de pourpier, ces délicieuses petites feuilles acidulées.

vendredi 28 novembre 2008

des oeufs cocotte à l'espelette

Il me restait un peu de soupe à la salade - dite soupe de shrek. J'avais envie d'un petit "avec" bon à manger, rapide à cuisiner, joli à présenter et... réalisable avec le contenu du frigo.


Croisant un poivron rouge, je me suis rappelée du joli aspic d'Estèbe qui en croisillait des lanières sous un oeuf au jaune coulant.

Moi je ne suis pas douée en oeufs pochés, et l'aspic n'entrait vraiment pas dans mon délai idéal, mais ça m'a inspiré des oeufs cocotte tout simples et néanmoins colorés au palais.

Pour 2 mangeurs de soupe qui ont envie d'égayer un peu l'assiette :
- 2 beaux oeufs - 4 petits iraient aussi
- 1 poivron rouge
- 50g de lardons
- de l'huile d'olive
- du piment d'espelette
- du sel
- un filet de crème

Coupez le poivron en lanières et faites le revenir à la poêle avec un peu d'huile, jusqu'à ce qu'il soit tendre. Lorsqu'il commence à être cuit, ajoutez les lardons, et à la toute fin un filet de crème. Epicez le tout au piment d'espelette aussi généreusement que vous aimez le piquant.

Huilez des ramequins individuels - chez moi ce sont des bols transparents qui vont au four.

Répartissez le poivron et les lardons au fonds des bols. Cassez délicatement un oeuf dessus.


Déposez les petits récipients dans un plat plus grand, rempli d'eau.


Glissez au four chaud, 180 degrés, pour huit-dix minutes environ, ça dépend de votre four mais l'idée est que le blanc prenne et que le jaune reste coulant.


Saupoudrez d'un peu de piment d'espelette supplémentaire, et de sel. Mangez tout de suite avec par exemple une soupe, et si elle est verte c'est joli.

dimanche 23 novembre 2008

la soupe à la salade et l'île de shrek


L'autre jour dans mon panier, bien varié pour un mardi de novembre, trônait une magnifique laitue. Avec la température, une petite soupe me faisait bien envie, mais j'étais un peu lassée des mélanges carottes-chou-pommes de terre, j'avais la flemme de peler les chous-raves. J'ai donc observé cette laitue du coin de l'oeil, fait quelques recherches sur internet, et me suis décidée à tester une simplissime et réconfortante soupe à la salade.


Pour une casserole de soupe, soit deux repas et des restes :
- 1 laitue
- 3 pommes de terre
- 1 échalotte
- du bouillon de légumes
- un peu de lait
- un peu d'huile et du sel

Faites revenir l'échalotte dans un peu d'huile (d'olive par exemple). Pendant ce temps, lavez la laitue et coupez la en quatre dans la longueur, puis en lanières de un centimètre de large (environ, de toute façon tout ça finira au mixer). Ajoutez-la aux échalottes devenues transparentes. Epluchez les pommes de terre et coupez les en morceaux, jetez-les dans la même casserole, mélangez. Couvrez d'eau, ajoutez un peu de bouillon, laissez cuire. Quand les pommes de terre sont cuites, passez le tout au mixeur, assez longuement, qu'il n'y aie plus de fibres.
Remettez sur le feu en mélangeant, avec une tombée de lait, salez si nécessaire.

Dégustez en entrée ou avec par exemple, des oeufs cocotte, pour un petit repas léger.


Et Shrek dans tout ça ? Et l'île ?

En mixant la soupe pendant quelques minutes, mon esprit flânait, emporté par la magnifique couleur verte que prenait peu à peu le contenu de la casserole...

Il s'est envolé vers un séjour sur l'Ile d'Aix, au large des Charentes-Maritimes. Nous passions des vacances dans cette étonnante région, entre ruralité et bord de mer, avec mon jules de l'époque et la petite famille de nos amis. Quittant pour la journée la maison isolée dans les champs de tournesols, nous étions partis en voiture, avions roulé jusqu'à un port, pris un bateau.
De ce bateau, nous avions aperçu, au loin, le Fort Boyard du Père Fouras. J'étais presque surprise qu'il existe en vrai, et de ne pas voir en sauter des sportifs en combinaison moulante, de ne pas entendre rugir les tigres et sonner des kilos de pièces d'or...
Sur le bateau, des familles, des touristes en K-way, venus pour la journée visiter l'île. Quelques marchandises, aussi. Et un chariot en bois, sorte de brouette sur lequel trônait un gros carton contenant une pellicule de cinéma... Sur le carton, au feutre noir épais, c'était écrit "Shrek". Je trouvais fou de voir ce géant vert de livre d'enfant venir par bateau sur une petite île perdue, si près du fort de mes soirées télé d'enfant...

Nous étions invités pour le midi chez des amis de nos amis. Nous avons mangé dans un beau jardin, éloignés du flot des touristes. Dans l'après-midi, notre hôte nous a proposé de rester. Mon jules et moi avons accepté la proposition, laissant la petite famille repartir avec le bateau du soir. Chacun avait un peu besoin de se retrouver, ce jour là. Notre hôte nous a prêté une chambre et des vélos, avec simplicité et générosité.

L'île s'était vidée, les non-résidents, les vacanciers d'ailleurs étaient repartis avec le dernier bateau. Nous parcourions les rues désertes et le bord de mer dans tous les sens, roulant dans le vent. C'est fou le silence d'un lieu sans voitures, au milieu de l'eau.

Au détour d'une ruelle, nous sommes tombés sur le cinéma. Le film était annoncé pour 20h. Et c'est dans une salle étrange, entre salle des fêtes et grenier de pierre, avec des chaises dépareillées, des vieux rideaux autour de l'écran, que nous avons assisté aux aventures de Shrek, le sympathique géant dégoûtant. La salle était pleine d'enfants, qui riaient et hurlaient aux éclats à chacune des apparitions du machiavélique chat botté aux yeux doux.

A la sortie, la nuit était tombée et l'île encore plus calme. Nous avons mangé, une mauvaise pizza je crois, et sommes allés nous coucher chez ces accueillants inconnus.

Et voilà comment une soupe de laitue un soir d'hiver m'a ramené là-bas, par la force hypnotique du mixeur et quelques associations d'idées surprenantes...

dimanche 16 novembre 2008

pain perdu aux pommes parce que le dimanche, on déjeune plus tard


Mon dernier billet vous faisait part de mes habituelles difficultés matinales, et d'une petite solution pour ne pas partir travailler le ventre vide.

Or, aujourd'hui c'est dimanche, et le matin est tout différent : malgré nos insomnies fréquentes ces temps qui nous poussent hors du lit même les jours de congé, nous avons réussi à nous rendormir. Puis à traîner un peu. Puis à lire le journal au lit. Puis à rester trop longtemps sous la douche. Puis à préparer quelque chose de bon pour un petit déjeuner / dîner / quatre heures : du pain perdu aux pommes.


Pour deux qui sortent d'une longue et salutaire grasse matinée :

- 4 à 6 tranches de pain un peu rassis (type campagne, le mien était à l'épeautre et avait trois jours)
- 2 belles pommes à cuire
- 2 noix de beurre
- 2.5 dl de lait
- 3 cs de sucre
- 1 cc d'essence de vanille
- 1 oeuf

Dans une poêle, faites fondre une noix de beurre. Pelez les pommes, enlevez le coeur, coupez les en quartiers. Faites les revenir doucement dans le beurre. Saupoudrez sur les fruits la première cuillère de sucre en poudre. Laissez cuire en remuant de temps en temps, jusqu'à ce que les pommes soient bien fondantes.
Mélangez le reste du sucre, l'essence de vanille et le lait dans un premier bol. Battez l'oeuf dans un second. Faites fondre l'autre noix de beurre dans une autre poêle. Trempez chaque tranche de pain dans le lait sucré, puis dans l'oeuf. Faites les cuire à la poêle environ dix minutes, en retournant les tranches à mi-parcours. Elles doivent être bien dorées, voire un peu brunes.

Servez dans deux assiettes le pain perdu, et recouvrez avec les pommes.


Dégustez avec une bonne tasse de thé Earl Grey, dans la paix du dimanche matin.

Et avec un jour de retard, j'envoie cette recette à Flo Bretzel pour son jeu Petit déjeuner compris.

vendredi 7 novembre 2008

pour le petit déjeuner, des muffins santé avoine et pommes ou bananes, carottes, fruits secs...


Le petit déjeuner c'est pas mon truc. En général, j'ai traîné au lit le plus longtemps possible et j'ai à peine gardé le temps d'une douche et d'un coup de brosse avant de partir travailler. C'est comme ça depuis toujours, le matin est difficile, tous les matins. Pour dire, je prépare encore mes habits la veille avant d'aller me coucher, comme le faisait ma maman, parce que je sais que sinon, c'est encore un peu de temps en moins dans les plumes.

En plus, rien ne me fait envie. J'aurais faim, si je prenais la peine d'écouter mon estomac, mais l'idée même d'ouvrir le frigo, de prendre quelque chose, de porter une cuillère à ma bouche, de mordre... ça m'épuise et ça m'écoeure.

Les bons jours, je prends une tasse de thé. Earl grey, voire une tisane aux épices. Parfois même, un yoghourt. Dans les cas extrêmes (cours à donner, méga journée, séance difficile), j'y mets des céréales.

Or, tous les nutritionnistes, toutes les mères attentionnées, tous les magazines féminins et même les masculins vous le diront : il faut petit-déjeuner.

Une solution est d'avoir à la maison une série de muffins faciles à mâcher, vite avalés, et transportables aisément dans un sac à main (enfin, prenez quand même une boîte ou du papier d'alu). J'en fais une série, les garde dans une boîte hermétique, les déguste avec ma tasse de thé, ou aux dix heures, voire aux quatre heures.

Le Elle à table de septembre-octobre en proposait une chouette recette, vite faite et bien faite, santé et savoureuse : les muffins de flocons d'avoine aux pommes.

Je me suis empressée de les réaliser... Et pour tout vous dire, à l'heure où je vous écris, une seconde fournée adaptée cuit dans mon four...

Pour une plaque de muffins (12 chez moi, 20 chez Elle) :

- 50g de flocons d'avoine
- 100g de farine mi-blanche (complète chez Elle)
- 1 sachet de levure
- 4 cs de sirop d'agave (100g de sucre roux chez Elle)
- 2 oeufs
- 10 cl d'huile de colza
- 1 cc d'essence de vanille
- 2 pommes

Préchauffez le four à 180 degrés. Mélangez dans un premier saladier les poudres : flocons, farine, levure, sucre. Moi j'y mets aussi le sirop d'agave et l'essence de vanille, ça se mélange bien. Faites une fontaine au milieu de la masse.
Mélangez dans un second plat les oeufs battus, et l'huile. Incorporez dans la fontaine.

Pelez et râpez les pommes. Ajoutez-les à la préparation. Versez dans les moules à muffins.

Vous pouvez saupoudrez les muffins, idéalement après 5 minutes de cuisson, d'un peu de sucre brun. La cuisson totale est de vingt minutes environ.

Pour ceux qui cuisent en ce moment, j'ai adapté la recette pour changer un peu :

J'ai séparé la masse en deux parties. Dans l'une, j'ai remplacé la pomme par une belle carotte râpée fin, cinq dattes hachées, un peu de cannelle. Dans la seconde, c'était une banane coupée en tous petits morceaux, et soixante grammes de chocolat noir haché. J'ai saupoudré les premiers muffins de sucre brun, les seconds de cacao en poudre.

A reprendre en fonction des ingrédients qui vous plaisent, du temps qu'il fait, de vos envies saisonnières...

D'autres recettes pour amortir votre moule à muffins ? Ici et , il y en a.

Note/mise à jour : In extremis, je poste cette recette à l'invitation de Flo Bretzel : petit déjeuner compris, le jeu

dimanche 2 novembre 2008

sunny-cheesecake pour UM


UM est née en septembre, a fêté ses trente ans en octobre, et verra la recette de son gâteau d'anniversaire paraître en novembre. Parfois, les choses prennent plus de temps que prévu.

Evidemment, pour cette belle et grande fête, nous étions quelques-unes à nous partager la responsabilité du chariot des desserts. J'ai décidé de réaliser un cheesecake, gâteau idéal quand il y a beaucoup de monde, vu le poids moyen de chaque tranche. Je me suis promenée via mon clavier chez quelques spécialistes du sujet, et me suis finalement décidée pour une recette de Claude-Olivier.

Ses arguments : allier le sirop de sureau aux framboises, deux goûts que j'adore. Et proposer une masse à base de séré, ce que j'ai voulu essayer, mais pas encore osé, depuis que j'ai découvert le cheesecake. En effet, le fromage à trademark comme ingrédient principal, ça me déprime un peu.

Par contre, contrairement à mon inspirateur, je n'ai pas réussi à réaliser une jolie forêt de framboises sur mon gâteau. Parce que la saison des framboises fraiches est terminée et que mes framboises congelées, après leur séjour de décongélation dans ma vieille passoire en métal, avaient vraiment une sale tête. J'ai donc opté pour un simple glaçage au fromage à trademark, et sirop de sureau.

Pour un beau cheesecake (moule à charnière rond, diamètre 20 cm) :

le fonds :
- 180g de biscuits sablés au beurre
- 1 demi-citron (le jus)
- 50g de beurre
la masse :
- 250g de séré maigre
- 150g de séré entier
- 125g de séré demi-gras
- 3 oeufs
- 70g de sucre
- 100g de framboises surgelées
- 50 ml de sirop de sureau
- 1 demi-citron vert (le zeste)
le glaçage :
- 3-4 cs de Philadelphia
- 1 dl de crème liquide
- sirop de sureau (au goût)

Préchauffez le four à 200 degrés. Faites fondre le beurre à feu doux. Réduisez les biscuits en miettes au mixer, et mélangez-y le jus du demi-citron, puis le beurre fondu. Protégez le fonds du moule à charnière d'un papier sulfurisé, beurrez les bords. Répartissez la poudre biscuitée au fonds du moule, en tassant de manière égale avec le fonds d'un verre. La masse doit remonter sur les bords, sur la moitié de la hauteur environ. Mettez au four pour dix minutes.

Pendant ce temps, mélanger dans un saladier les différents sérés, le sucre, le sirop de sureau, le zeste de citron vert jusqu'à obtenir une masse bien homogène. Y casser les oeufs un à un en mélangeant au fur et à mesure.
Note : vous pouvez tout à fait adapter la recette avec une seule sorte de séré, ou deux, si vous préférez éviter l'échantillonnage que je propose là.

Versez la moitié du mélange dans le moule, et le parsemer des framboises congelées. Ajoutez le reste de la masse... les framboises se noient...

Faites cuire quarante à cinquante minutes au four, à 180 degrés. Une fois cuit mais pas encore bruni, éteignez le four et laissez le gâteau y refroidir lentement. Une fois froid, recouvrez d'un papier alu ou cellophane, et laissez reposer au frigo, au moins jusqu'au lendemain.

Avant de servir (ou de partir à la fête), préparez votre glaçage en mélangeant les différents ingrédients. Lorsque vous atteignez la texture idéale, qui s'étale mais ne coule pas, répartissez-la sur le gâteau, et lissez avec une spatule à pâtisserie (maryse).

Le soir où j'ai fait cette recette, quelqu'un qui m'est cher avait eu la grande idée de réaliser un beau pochoir pour faire des dédicaces au sucre glace sur les gâteaux. J'ai donc rosi un peu de sucre glace avec du colorant alimentaire, et l'ai transporté jusqu'au lieu de la fête.

Repas terminé, cinq à sept filles se pressent dans une minuscule cuisine pour préparer les desserts. On déchire les emballages, on sort les plaques des sacs, on glisse délicatement les gâteaux dans des plats, on prépare le fameux pochoir, on saupoudre le gâteau indécent au chocolat de l'une, la tarte à la crème de l'autre, et hop on retourne le pochoir pour faire le cheesecake blanc, sur lequel le sucre rose ressortira mieux, forcément. On renonce à décorer les tartes aux pommes qui pompent tout le sucre glace, on plante les bougies, on se met en rang, on envoie un ami éteindre la lumière, on défile gâteaux en main, l'héroïne du jour souffle ses bougies, les invités se jettent sur les desserts.

Trois conclusions seront tirées de cette soirée :

- Les fêtes, définitivement, c'est pas bon pour les photos de nourriture. Lumière basse, foule exaltée et affamée, elles seront forcément vite faites et moches. Si vous voulez voir ce que pourrait être ce cheesecake délicieux en beau, allez chez son concepteur.
- Les pochoirs, c'est joli, mais quand on les retourne ça fait les lettres à l'envers. Mais non, on n'est pas toutes blondes, mais on a dû le voir pour y penser. Et c'est comme ça qu'un billet prend un titre de recette de science-fiction.
- Tout ça n'est pas très grave, parce qu'on s'est quand même super bien amusés, et que le gâteau a été mangé si vite que UM a eu la peine le temps de réaliser que son nom était en miroir, et que je publie la recette malgré les affreuses photos parce qu'elle m'a beaucoup été demandée ce soir-là.

Et pour conclure et en souvenir... Le gâteau au chocolat décadent réalisé par la découpeuse de pochoirs...