dimanche 15 juin 2008

chocolade moelleuse ou comment renommer ses ratés

Un vendredi de congé et un dîner de filles prévu, avec quelques marmots. Une promesse de dessert et un lever tardif. Une recette parfaite mais pas tout à fait tous les ingrédients à la maison. Et voilà comment je me retrouve - et c'est pas la première fois - à renommer une recette parce qu'elle ne correspond pas tout à fait au descriptif initial mais qu'elle est quand même méga bonne.

Sur la base du délicieux cake au chocolat de mon ex-collègue de cours MD, voici la chocolade moelleuse pour dîner de printemps avec les copines et leurs lutins.

Pour la version chocolade :

- 70g de chocolat au lait
- 100g de chocolat noir
- 120g de beurre
- 3 oeufs
- 1 cs de farine
- 200g de sucre glace

Faites fondre les chocolats et le beurre au bain-marie. Pendant ce temps, douchez-vous (mais vite). Commencez à vous habiller, tout en lisant vos mails.
Battez les oeufs. Mélangez la farine et le sucre glace. Beurrez le moule.

Lorsque le chocolat et le beurre sont fondus, versez-les dans les oeufs tout en fouettant. Restez en collants pour éviter les taches. Ajoutez le mélange poudreux, oui oui ça vole partout, mais fouettez énergiquement quand même.
Versez le mélange dans un moule à cake. Hop au four, à 180 degrés. 

Finissez de vous habiller et essayez de faire quelque chose de vos cheveux. Faites votre lit et retrouvez la clef de votre vélo. 
Comme vous êtes à la bourre, et qu'il a l'air assez cuit, retirez le gâteau après vingt minutes de cuisson. Emballez-le dans un torchon propre, et filez chez votre copine.

Papotez, dînez, faites le café et sortez le dessert. Essayez de couper le gâteau. Renoncez, et attaquez-le à la cuillère à soupe. Déposez en délicatement dans des bols et remerciez votre copine d'avoir des fraises qui permettent de rendre la composition jolie quand même.

Dégustez, et n'oubliez pas d'essuyer les moustaches et les mains de tout le monde avant qu'ils ne reprennent la bataille de lego sur les beaux canapés tout neufs.

PS : Je vous mets quand même la version originale de la recette de MD, parce que ce cake/gâteau à base de sucre glace est quand même super difficile à rater et super bon :

- 200g de chocolat de dessert (52% minimum)
- 200g de beurre
- 1 cs de farine
- 250 g de sucre glace
- 5 oeufs
-> mêmes étapes que ci-dessus / avec du papier de cuisson à la place de beurrer le moule, ce qui doit quand même aider au démoulage.
-> cuisson 180 degrés, environ 25 minutes / soit avec juste les 5 minutes qui permettent au gâteau de se tenir.

samedi 14 juin 2008

la sobrasada j'adore ça !

Ce n'est pas vraiment une recette, ou alors simplissime. Mais c'est surtout un produit dont je vais parler ici. Couleur extra pop, texture giga cochonne, parfum hypra goûtu... c'est la sobrasada !

Ma copine O est espagnole et rentre souvent à Barcelone, pour deux excellentes raisons :
1) voir sa famille et ses amis
2) nous ramener des délicieuses choses à manger : chorizo, jamon, etc.

C'est à l'occasion d'un de ses apéros de retour où nous dégustons avec joie ces petits souvenirs, que j'ai découvert la sobrasada di mallorca. Qui est donc un produit de Majorque.

Une sorte de beurre de chorizo, épais, merveilleux sur du pain. Cochon cochon et hyper bon.

La dernière fois, elle m'en a ramené un paquet pour moi toute seule. Après un certain nombre de tartines apéritives, j'ai décidé de tester, sur son conseil, la version au four :

- pain frais
- sobrasada di mallorca
- fromage : dans mon cas, du queso manchego pour rester dans l'ambiance.

Coupez le pain, tartinez le généreusement de sobrasada, parsemez d'une couche de fromage rapé, et passez les tartines au four jusqu'à ce qu'elles soient joliment grillées.

Une bruschetta pas fit pour les gourmandes qui se fichent des conséquences bourrelettes pourvu que ce soit bon !

vendredi 13 juin 2008

verrines de betterave à la truite fumée

Concours de verrine, verrine de betterave. Voilà une composition d'inspiration nordique, pour une entrée à deux couverts...

D'abord, les ingrédients :

- 1 betterave crue
- 1dl de crème fraiche
- 2 cs (généreuses) de cantadou au raifort
- 1 demi-citron
- 1 cc de cumin marocain (kamoun), en grains
- 1 filet de truite fumée
- sel et poivre

Epluchez la betterave, et râpez-la au format rösti (pour les non-suisses, ça veut dire les gros trous de la râpe, qui sont à peu près de la taille d'un petit pois). Mélangez la avec le jus du demi-citron pressez, et le cumin marocain. Salez et poivrez.
Fouettez la crème, puis mélangez-la, toujours au fouet, avec le cantadou au raifort. Si vous n'avez pas ce fromage, je pense que ça s'adaptera très bien avec de la sauce au raifort, mais il faut en mettre peu. L'idée est d'avoir juste ce petit goût de racine, mais délicat, et la fraîcheur du fromage rend la crème plus onctueuse et moins écoeurante.
Découpez vos filets de truite en morceaux.

Dressez vos verrines : 2 tiers de betterave, 1 petit tiers de crème au raifort, 3-4 morceaux de truite. Salez (au sel de guérande si vous en avez) et poivrez. Servez avec des crackers au sésame, par exemple, ou tout autre biscotte croustillante.

Dégustez, à la fourchette, en explorant toutes les couches à la fois. 

Doux et salé, je trouve que ces textures se marient très bien entre elles. La touche du kamoun est vraiment un plus, même si on peut aussi tout à fait le réaliser avec du cumin traditionnel.

Cette recette participe au concours Verre'in.

lundi 9 juin 2008

beau poulet aux airelles à la louche

Une recette et un hommage. Hier j'avais décidé d'accommoder quelques filets de poulet avec une sauce aux airelles ramenée de Manchester. Je me souvenais avoir vu ça chez l'une de mes (... voire ma) bloggeuse préférée... et je suis donc retournée faire un tour sur ses pages belles à la louche, avec l'idée de lui piquer sa recette et éventuellement de lui faire enfin un petit commentaire, car je suis restée jusque là une lectrice silencieuse... comme elle dit.

Et voilà qu'il s'agit du jour anniversaire de son blog, alors je me dis que le moment est idéal pour faire ce premier commentaire et pour la toute première fois présenter une recette inspirée d'un blog d'autrui, et que ce sera juste de que ce soit le sien, car sa cuisine à la fois simple et inventive, ses photos élégantes et son look sobre sont tout à fait mon genre (oui, je sais, ça se voit un peu).

Voici donc le pink chicken de loukoum à ma façon... et une grosse bise d'anniversaire l'auteur que je viendrai poster dès que j'aurais mis un point final à ce billet d'hommage.

- 4 filets de poulet
- 1 échalote (ah ben tiens, j'étais sûre que ça prenait deux T, échalote)
- 180g environ de confiture d'airelles
- 3 cc de baies de poivre roses
- de l'huile d'olive, du sel et du poivre

et comme accompagnements
- 1 kg de pommes de terre
- du lait/de la crème
- de l'huile d'olive
- des choux de bruxelles (surgelés en cette saison)

Coupez les filets de poulet en trois dans la longueur. Faites revenir l'échalote dans un peu d'huile d'olive. Quand elle devient transparente, ajoutez les baies de poivre rose, puis les filets de poulet et saisissez-les sur toutes les faces. Pendant ce temps, épluchez les pommes de terre et coupez les en quatre.

Versez les filets de poulet dans un plat à four (avec un peu d'huile au fonds) et mélangez-les avec la confiture d'airelles. Salez et poivrez.
Glissez au four pour trente minutes.

Faites cuire les pommes de terre puis écrasez-les gaiement avec un presse-purée. Ajoutez une tombée d'huile d'olive, un peu de lait chaud. Ou si comme moi vous n'en avez plus, un filet de crème ça marche aussi mais pour éviter l'effet poids lourds je n'en ai mis qu'un déci, et nous étions plus dans l'écrasé de pommes de terre que dans la purée. Mais moi j'adore ça tout autant !

Enfin lancez vos choux de bruxelles dix minutes dans l'eau chaude si ils sont surgelés, prévoyez un peu plus de temps sinon, une fois cuit une noisette de beurre et un peu de sel les aidera à patienter.

Composez vos assiettes tricolores. C'est hyper simple, très bon, le piquant des baies roses apporte beaucoup au goût des airelles, les choux de bruxelles nous rappellent aussi la chasse, tout ça est parfait pour un petit souper tout simple et tout beau... à la louche.

jeudi 5 juin 2008

tarte aux épinards et tomates séchées en recette improvisée

Il y a les veilles d'aller chercher mon lot hebdomadaire de légumes, où j'hésite souvent à faire des courses. Envie d'attendre le lendemain, de voir ce que mon panier me réserve, et ce qu'il va m'inspirer. Il y a aussi les soirs où le détour par le magasin du coin paraît énorme. Je ne sais plus exactement laquelle de ces circonstances m'a inspirée il y a quelques jours pour cette quiche improvisée.

Ce soir là donc il restait quelques épinards et de la pâte brisée. Plusieurs éléments laitiers pour donner de l'épaisseur. Et l'envie d'une touche supplémentaire pour égayer tout ça.

Le résultat s'étant avéré tout à fait délicieux, j'ai pris quelques notes et je vous propose donc cette quiche comme une vraie recette : 
- une pâte brisée (déjà abaissée pour les flemmes)
- 90g de jeunes épinards environ
- 1 dl crème
- 1 oeuf
- 1 yoghurt grec
- 125 g de mascarpone
- 8 tomates séchées à l'huile (en fait ce sont des demi-tomates)
- 15-20 feuilles de basilic
- sel et poivre

Préchauffez le four à 200 degrés.
Abaissez la pâte et piquez-la. Lavez et essorez les jeunes épinards, et le basilic. Hachez toutes ces feuilles grossièrement, aux ciseaux. Dispersez-les sur le fonds de pâte.
Battez l'oeuf. Ajoutez la crème, le yoghurt, le mascarpone, fouettez le tout pour obtenir une masse homogène. Noyez-y les tomates séchées en lamelles.
Répartissez cette masse sur le tapis vert. Salez et poivrez.

Mettez la tarte au four pendant 25 à 35 minutes, jusqu'à ce qu'elle vous paraisse dorée et cuite. Elle le sera.

Mangez-la avec les doigts, ou avec une salade.


lundi 2 juin 2008

crumble d'hommes et sa crème douce au sureau ou la cuisine à l'avance d'une femme qui court III

Et voilà la troisième recette de mon fameux repas de vendredi dont vous trouverez les précédentes étapes dans mes deux précédents billets. Si mes hôtes lisent un jour ce blog qu'ils ne s'en fassent pas : je cours, mais j'ai beaucoup de plaisir à leur faire à manger.

Pour le dessert, j'avais donc quelques pommes et un peu de rhubarbe à transformer en crumble. Envie de décoiffer un peu tout ça, de lui donner un peu de piquant, de poivré, j'ai donc décidé de l'accommoder au gingembre.

Ca nous donne donc pour 4 à 6 mangeurs :

- 4 pommes
- 400g de rhubarbe
- 4 cm de racine de gingembre
- 100g de beurre et un peu plus
- 200g de farine
- 100g de sucre de canne et un peu plus
- du gingembre en poudre
- et, touche finale, du whisky...

Le matin même, j'avais un peu de temps pour préparer les fruits : Râper la racine de gingembre et faire fondre une partie du "un peu plus" de beurre dans une casserole. Pendant ce temps, éplucher et couper les pommes en cubes grossiers. Les balancer dans la casserole et laisser cuire.
Pendant ce temps, éplucher la rhubarbe et la couper en cubes. L'ajouter aux pommes, saupoudrer de sucre de canne, laisser cuire un peu, arrêter le feu lorsque la rhubarbe commence à se défaire. 
J'ai laissé reposer cette compote toute la journée, et le soir en rentrant, j'ai préparé le crumble lui même, selon les quantités super faciles de la collègue que je venais de quitter : 200g de beurre (fondu), 100g de farine, 100g de sucre (de canne). Travailler ces trois ingrédients dans un bol, du bout des doigts, jusqu'à obtenir la texture adéquate : une sorte de poudre de perlimpinpin qui roule sous la pulpe des doigts, comme de mini-grumeaux. Pour rappeler le gingembre de la compote, j'ai ajouté 1 cuiller à café de son frère en poudre.
Et toujours sur le conseil de ma collègue, j'ai ajouté une tombée de whisky. Le goût prenant vite dans ma mixture, j'ai crû bon de m'arrêter là... mais j'aurais dû en mettre bien plus on l'a finalement à peine senti...

De là, comme pour tous les crumbles, il s'agit de beurrer généreusement un plat à four, de faire une couche de fruits, de couvrir cette couche de la pâte sablée, puis de laisser cuire jusqu'à jolie couleur dorée.

Pour servir avec ce crumble que je visais piquant (mais je doublerai la prochaine fois les doses de gingembre et whisky pour que cela devienne vraiment "pour les hommes"), je propose une crème douce et onctueuse, qui s'est parfaitement intégrée sur nos papilles :

- 1 yoghurt grec (180 g)
- 125g de mascarpone
- plus ou moins 4 cs de sirop de fleurs de sureau

Fouetter tout cela pour obtenir une crème homogène, ne pas hésiter à goûter pour le bon dosage de sirop, et en servir deux cuillères à soupe avec chaque part de crumble.

Petite parenthèse, je suis très fière des deux photos qui illustrent cette recette, qui du coup reçoit par mon propre jury la palme du plus joli billet paru depuis la création de la betterave urbaine.

pesto épinards noix de cajou ou la cuisine à l'avance d'une femme qui court II


Toujours dans la perspective : cuisiner dans les moments cools des petits plats vite mis en place dans les soirées où l'on arrive en last minute, je suis une grande fan du pesto. Facile à faire, toujours chic, on peut en imaginer chaque fois un nouveau selon l'envie du moment ou le contenu du placard.

Cette semaine, mon panier du flon contenait deux sacs d'épinards, tout jeunes et frais. Une partie, après un séjour dans le cuit-vapeur, a très bien accompagné des petits filets de rouget. Puis j'ai décidé de faire du reste un pesto de saison.

Donc :
- 200g environ de jeunes épinards, triés et lavés
- 200g de noix de cajou
- 1 petit bouquet de basilic
- 150g environ de queso manchego
- de l'huile d'olive

Avant tout, il est indispensable de poêler les noix de cajou, à sec. Une opération à surveiller, en les remuant de temps en temps, les graines en tout genre ça peut brûler très vite.

Passez les ensuite au mixer, avec les épinards et le basilic et un peu d'huile, jusqu'à obtenir une masse grossière. Moi j'aime bien un certain croquant pour ce type de pesto doux. Ajoutez le fromage râpé, et de l'huile d'olive jusqu'à ce que la consistance soit assez onctueuse. Il doit y en avoir 2-3 dl en tout.

Pourquoi du queso manchego ? Ce pesto est très doux, il me semblait judicieux d'y intégrer un fromage de brebis ou de chèvre, plutôt qu'un parmesan. Plus de pecorino en rayon, j'ai donc opté pour le "fusion" et ai choisi ce fromage espagnol qui a très bien fait l'affaire.

Arrosé d'huile et couvert, le pesto a passé la nuit au frigo, et je l'ai ressorti assez tôt pour qu'il prenne la température ambiante. 

J'ai laissé chacun se servir selon sa gourmandise, sur des assiettes de penne al dente, avec des rainures pour que la sauce s'incruste bien sur les pâtes. 

Un peu de parmesan fraîchement râpé, un tour de moulin à poivre, et un goût top délicat. Miam.